Municipale et Législative 2020 : A Douala, le RDPC choisit de boycotter certains médias

Le parti au pouvoir se plaint de la partialité et du manque de considération de ses présentateurs et des autres panélistes à l’endroit de ses candidats.

Certains soirs et ce depuis le début de la campagne électorale le 24 janvier 2020, les candidats du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au double scrutin législatif et municipal 2020 du 9 février 2020, sont invisibles sur certaines télévision ou inaudibles dans certaines stations de radio de la ville de Douala. Ces représentants du parti au pouvoir, ne sont jamais arrivés au programme spécial qu’anime le journaliste Donald Brice Kamgang sur Radio Equinoxe. Toujours sur Radio Equinoxe, le maire sortant de la commune d’arrondissement de Douala 5ème, en course, n’a pas honoré le rendez-vous matinal pris avec les auditeurs le 3 février 2020. A la télévision Canal 2 l’on apprend d’un des présentateurs (qui a requis l’anonymat) des émissions spéciales conçues pour la période électorale qu’ils ont manqué pas moins de trois rendez-vous auxquels ils étaient conviés.

Si Éric Fopoussi, le présentateur de la matinale de Radio Equinoxe explique l’absence du maire Gustave Ebanda par « une incompréhension » et que notre interlocuteur à Canal 2 ne voit pas dans les absences répétées des invités du RDPC la manifestation d’un boycott organisé, Donald Brice Kamgang parcontre appuie cette hypothèse. Joint au téléphone le 6 février 2020, le journaliste déclare que des candidats de la circonscription Wouri-Est sollicités lui ont appris que le responsable de la communication du RDPC pour la campagne dans le département du Wouri leur avait interdit de répondre favorablement aux appels de notre confrère. Ledit responsable, Hervé Emmanuel Nkom, confirme cette information.

Il dénonce la partialité de certains présentateurs de programmes de débats politiques.  « Parfois, les journalistes eux-mêmes sont les représentants du MRC. Par exemple Equinoxe est un organe de base du MRC. Nous ne voulons pas jouer les faire-valoir. Nous allons dans les radios qui sont « neutres ». Tout le monde sait que Luc Ngatcha (journaliste ABK radio Ndr) n’aime pas le RDPC mais il n’attaque pas a priori. Mais si tu vas dans une émission où le journaliste Kamguia est consultant et en même temps représentant du MRC… ».

Le membre titulaire du comité central du RDPC ajoute qu’au RDPC les choses sont faites de sorte que le temps consacré à la campagne soit véritablement mis à profit.« Nous nous sommes organisés de façon à ne pas aller perdre notre temps dans des émissions qui ne sont pas des émissions sereines et qui ne permettent pas d’éclairer l’électeur. Parce que le but de la campagne ce n’est pas de faire plaisir aux radios ou aux télévisions. C’est d’éclairer le choix des électeurs. Donc, si on part même dans une émission ou si on participe à un débat, c’est pour amplifier la compréhension des programmes politiques des uns et des autres. Si onnous propose des émissions et que ce sont des émissions qui nous donnent des garanties que c’est pour éclairer le débat, eh bien nous encourageons nos candidats à y aller », précise-t-il.

L’hostilité qu’éprouve Hervé Nkom vis-à-vis des médias électroniques du groupe La nouvelle expression contraste avec l’impression de satisfaction qui se dégageait des propos de son camarade de parti Pascal Charlemagne Messanga Nyanmding le 2 février 2020. « Mon très cher Cédric Noufele je voudrais sincèrement vous remercier ? Parce que, contrairement aux médias périphériques, vous nous aidez à nous exprimer et à mieux expliquer à l’opinion nationale et internationale ce qui se passe au Cameroun », avait-il dit à l’intention du présentateur du programme Droit de Réponse diffusé tous les dimanches sur Equinoxe télévision. 

Pierre Arnaud Ntchapda