Le Projet de développement de la chaîne de valeur du riz se met en place
Njichiagha Evarisius Mbumpeh, le délégué d’arrondissement du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), de Santchou présente les efforts du gouvernement pour accompagner les riziculteurs et développer le riz irrigué afin d’accroître la production.
Qu’est-ce qui est fait par la délégation d’arrondissement du Minader de Santchou pour accompagner les riziculteurs ?
Santchou est l’un des principaux bassins de production du riz au Cameroun. Le gouvernement y a réservé 4 350 hectares pour cette culture. Pour accompagner les producteurs, la délégation organise des séminaires et ateliers de formation, et effectue régulièrement des descentes dans les champs afin de s’assurer de l’application des techniques culturales. L’objectif est que, dans un ou deux ans, la localité consomme uniquement du riz produit sur place.
Combien de Groupements intercommunautaires (Gic) et coopératives cultivent le riz à Santchou ?
En raison du faible rendement, plusieurs Gic et coopératives avaient cessé leurs activités. Toutefois, depuis deux ans, la mobilisation reprend avec la mise en place de projets de riz irrigué. Huit coopératives ont signé une convention avec le Centre international pour la promotion de la création (Cipre) dans le cadre du développement de la chaîne de valeur du riz. Elles regroupent de nombreux GIC et environ 1 000 producteurs, un effectif en hausse depuis l’annonce du projet.
Ces coopératives bénéficient-elles toutes de l’accompagnement du Minader ?
Le Minader appuie uniquement les structures déjà actives. À ce jour, le Gic Fas et la coopérative Prorim Coop-CA sont les seuls bénéficiaires. Dans le cadre du projet porté par le Cipcre, les organisations intéressées ont sollicité l’appui de l’État, qui leur fournit notamment des engrais.
Qu’en est-il de la somme de 40 millions Fcfa évoquée comme subvention ?
L’État soutient financièrement le GIC Fas et Prorim Coop-CA, spécialisés dans la production de semences. Les semenciers produisent, puis l’État rachète entièrement les semences. En 2024, ces deux structures ont ainsi livré 17 tonnes
Où en est la mise en œuvre du projet de développement de la chaîne de valeur du riz ?
Le projet, initié en 2023 et lancé officiellement en octobre 2024, a déjà franchi les phases de sensibilisation et de formation théorique. Les Gic et coopératives se sont mobilisés et enregistrés. La prochaine étape porte sur la formation pratique en champ, prévue à la fin du mois de février. Pour ce programme, 1 000 hectares sont prévus. Les travaux de délimitation et d’aménagement pour le riz irrigué doivent suivre, avec des engins déjà disponibles à Bamenda. En 2024, 18 hectares ont été exploités à Santchou. Le rendement reste faible environ 2 tonnes par hectare contre 3 tonnes attendues. La suite du projet prévoit la construction d’un barrage sur la rivière Nkam afin d’assurer l’irrigation par gravitation. Les premières phases ayant été menées avec succès, le financement du reste du projet estimé à plus de 120 milliards Fcfa et couvrant plusieurs régions ne devrait pas poser de difficultés.
Pourquoi les semences de riz Nerica 8 distribuées en 2025 n’ont-elles pas germé ?
Ces semences ont été conservées trop longtemps, ce qui a altéré leur capacité de germination. Par ailleurs, les difficultés d’accès à l’eau et le manque d’aménagement des parcelles continuent de limiter les rendements.
Blaise Djouokep







