Insécurité au Cameroun : près de 400 personnes disparues au premier trimestre 2026

Le Cameroun dénombre 380 personnes disparues au premier trimestre 2026, soit presque le double par rapport à cette période en 2025. Avec 69 % de mineurs d’après le cabinet EVRAD Group, ce chiffre selon des spécialistes met en lumière la vulnérabilité des enfants et appelle à une vigilance et une action collective.

Le 11 avril 2026, aux environs de 11 heures, Sorelle, une fille âgée de 15 ans, quitte la concession familiale située au quartier PK8, dans l’arrondissement de Douala 3e, sans jamais revenir à la maison. Après 24 heures d’absence, sa famille, inquiète, a lancé des recherches via les réseaux sociaux et mobilisé les autorités administratives et traditionnelles, en vain.

« Je n’étais pas à la maison quand elle est sortie. Vu qu’elle était en congé, je me suis imaginée qu’elle était allée aider  sa grand-mère, comme d’habitude. Mais n’y était pas et nous sommes sans trace d’elle jusqu’à présent », s’inquiète Victorine Kenfack, la mère de l’élève disparue.

Cette situation n’est ni un cas isolé ni un phénomène spécifique à une seule région. Selon le  bulletin des situations des personnes déclarées disparues au premier trimestre 2026 au Cameroun, les données révèlent une situation alarmante dans plusieurs régions du pays, avec « 380 cas de personnes disparues signalés, dont 69 % sont des mineurs de moins de 18 ans ». Comparativement à la même période en 2025, le nombre de disparitions a quasiment doublé, selon ce bulletin publié le 9 avril 2026, par le cabinet EVRAD Group. Pour la sociologue Dr Émilie Ze, « les chiffres de ce premier trimestre 2026 doivent nous alerter. L’insécurité ne doit pas devenir une fatalité. La vigilance et l’action commune sont plus que jamais indispensables

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La disparité régionale suscite également des inquiétudes. Sur les 10 régions du Cameroun, celles du Centre  et du Littoral enregistrent le plus grand nombre de cas de disparitions. Les quartiers Odza, Nkoabang, Emana Nkozoa (Centre), Village, Tanguy, Bonaberi, New-Bell (Littoral), ainsi que Nkwen dans la région du Nord-Ouest, sont particulièrement concernés. Dr Émilie Ze, explique que cette concentration des cas dans ces quartiers peut s’expliquer par des facteurs de vulnérabilité sociale et économique. « Ce sont des zones souvent caractérisées par une forte densité de population et des conditions socio-économiques précaires. La pauvreté peut pousser certains individus à prendre des risques ou à devenir des cibles de trafics ou d’exploitation.»

Parmi les personnes disparues recensées par ce bulletin, 8 % vivent avec un handicap, dont 58 % présentent une déficience psychologique. « Ces personnes sont souvent négligées, peu suivies, et leur absence peut passer inaperçue pendant des heures, voire des jours. Pendant ce temps, elles errent sans repères, vulnérables à toutes formes de trafic », précise Dr Émilie Ze.

À en croire Fokam Bérénice, spécialiste en droit humanitaire, ce phénomène de disparition des personnes est devenu un véritable problème de société. Pour elle, l’État a des responsabilités, notamment en matière de sécurité des populations, mais les citoyens doivent également faire preuve de vigilance. « Compte tenu de nos réalités, j’invite les parents à veiller sur leurs enfants, et les adultes à faire preuve de prudence. Il est essentiel d’éviter de prendre des rendez-vous avec des personnes inconnues ou de se mettre dans des situations à risque », recommande Fokam Bérénice.

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Hyacinthe TEINTANGUE

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