Variole du singe : un cas confirmé à l’Ouest
Après la confirmation d’un premier cas dans le district de santé de Bafang, la région de l’Ouest rejoint officiellement la liste des zones touchées par cette zoonose au Cameroun. Entre surveillance accrue et riposte vaccinale, les autorités sanitaires intensifient la lutte.
La Mpox, anciennement appelée variole du singe, a été signalée pour la première fois dans la région de l’Ouest. Un cas confirmé de cette maladie virale zoonotique, causée par le virus du Mpox, a été détecté dans le district de santé de Bafang, dans le département du Haut-Nkam. La confirmation par le Centre Pasteur du Cameroun place désormais la région en situation de vigilance sanitaire. Dans un communiqué officiel signé le 24 avril 2026, le Dr Alain Patrick Tchatchoua Kamleu, délégué régional de la Santé publique de l’Ouest, appelle les personnels soignants et les populations à intensifier la « recherche active » des cas suspects. « Nous exhortons les populations à signaler tout cas de fièvre éruptive et à respecter strictement les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les formations sanitaires », a-t-il indiqué. L’objectif est d’éviter toute propagation communautaire dans cette région qui compte 20 districts de santé.
Une recrudescence observée depuis fin 2025
Ce signalement dans l’Ouest n’est pas un fait isolé. Selon Mélaine Kenfack, infirmière diplômée d’État, cette situation s’inscrit dans une « recrudescence générale de la maladie au Cameroun, particulièrement visible depuis la fin de l’année 2025 ». Cette description est confirmée par les chiffres du ministère de la Santé publique (Minsanté). Ils affichent, au 2 avril 2026, 207 cas suspects et 37 cas confirmés depuis la mi-novembre 2025. Avec l’entrée de l’Ouest dans la liste, six régions sont désormais officiellement affectées. Au total, 59 districts de santé sur l’ensemble du territoire national sont aujourd’hui en alerte.
Pour contenir la propagation, le gouvernement a lancé une riposte sanitaire. Le 11 avril 2026, à l’hôpital Laquintinie de Douala, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, a lancé une campagne de vaccination ciblant les populations à risque, avec un premier lot de 10 000 doses. Il a rappelé que la maladie n’est pas nouvelle : « Deux clades du virus circulent de manière endémique depuis les années 1970, et la transmission survient principalement par contact étroit avec une personne infectée ».
Le Mpox est une maladie virale qui se manifeste par des éruptions cutanées, des lésions muqueuses, de la fièvre et une fatigue intense. Elle se transmet de l’animal à l’homme, mais surtout d’humain à humain par contact peau à peau ou par contact avec les lésions d’un malade. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) maintient son niveau d’alerte. Après avoir déclaré une urgence de santé publique de portée internationale en août 2024, l’Oms coordonne l’accès aux vaccins (Mva-Bn ou Lc16) pour les pays les plus touchés, alors que l’année 2025 s’est achevée sur un bilan lourd de 48 000 cas confirmés dans 94 pays. A l’Ouest, l’heure est donc à la sensibilisation.
Aurélien Kanouo Kouénéyé







