Autonomisation de la femme :  Le Cameroun occupe la 33e place africaine
Les femmes camerounaises, actrices principale du secteur agricole

Malgré les reformes observées sur le plan juridique, les défis doivent encore être relevés, pour améliorer l’inclusion économique des femmes camerounaises d’après le Réseau des femmes élues locales d’Afrique dans un rapport publié en juillet 2020.  

Avec un total de 53,9 points, le Cameroun occupe la 33e place africaine en termes de l’inclusion économique des femmes, rapporte le Réseau des femmes élues locales d’Afrique (REFELA), dans son « Rapport analytique de la situation de l’autonomisation économique des femmes en Afrique », publié au mois de juillet 2020. Cette étude a été élaborée dans le cadre du lancement, de la mise en œuvre et du suivi de la « Campagne des Villes africaines favorables à l’autonomisation économique des femmes ».

Les résultats ont été obtenus sur la base des indicateurs généraux du pays ; les avancées réalisées sur le plan juridique et économique ; les défis qui restent encore à relever en matière de protection et promotion des droits économiques des femmes. Il en ressort, que le Cameroun figure parmi les pays dont l’arsenal juridique est moyennement favorable à l’autonomisation économique des femmes.

Entre autres acquis, le Cameroun dispose d’une législation portant spécifiquement sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail ; prévoit pour les femmes un congé de maternité payé d’au moins 14 semaines ; interdit le licenciement des employées enceintes, prescrit la prise en compte du genre sur les listes de candidats des partis, ainsi que la présence des femmes dans les conseils exécutifs locaux.

Cependant sur le plan économique, certains défis doivent être relevé pour booster l’autonomisation de la femme camerounaise, recommande cette organisation.  Il s’agit entres autres, de garantir la non-discrimination sexuelle en matière d’emploi, une rémunération égale entre les femmes et les hommes pour un travail de valeur égale, d’interdire les discriminations basées sur le genre en matière d’accès au crédit, de garantir aux hommes et femmes les mêmes droits de propriété sur les biens immobiliers.

En effet, selon ce rapport, les emplois vulnérables représentent 83,6% des emplois exercés par les femmes, contre 65,1% des emplois exercés par les hommes et le chômage touche environ 3,8% des femmes actives contre 2,9% d’hommes, de la même catégorie (2018). Aussi environ 27,5% des femmes âgées de 15 ans et plus, sont touchées par la pauvreté, contre 22,5% des hommes de la même tranche d’âge. Le ratio d’égalité salariale entre les femmes et les hommes pour un travail similaire est de 4,45 (2020).

En Afrique, le Malawi, la Gambie, la République Centrafricaine, le Botswana et le Rwanda, sont respectivement les 5 premiers pays qui ont des politiques favorables à l’inclusion économique des femmes. Cette étude relève que les discriminations envers les femmes au travail et dans d’autres sphères coûtent 340 milliards de dollars par an à l’Afrique. En exemple, pour le seul secteur de l’agriculture, en laissant les femmes exercer leur plein potentiel agricole, cela améliorerait les rendements de ce secteur, de 20 à 30 %, il augmenterait la production agricole de 2,5% à 4 % et réduirait le nombre de personnes affamées de 12 % à 17%34.

Le réseau recommande aux Etats africains, de prendre conscience que leurs entités régionales et locales ont des rôles et responsabilités au premier plan, pour appliquer les politiques publiques, afin que les femmes ne soient plus confrontées à des stéréotypes de genre et à des différenciations majeures liées à leur sexe, qui les privent des avantages et opportunités économiques, tels qu’ils sont offerts aux hommes.

Marie Louise MAMGUE

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