Insuffisance rénale : lueur d’espoir pour les patients de Bafoussam
Après la manifestation d’un mouvement d’humeur en mars 2026, le ministère de la Santé publique répond aux exigences des patients, en dotant l’unique centre d’hémodialyse logé à l’Hôpital régional de Bafoussam, de nouvelles machines.
À l’entrée du Centre d’hémodialyse de l’Hôpital régional de Bafoussam (Hrb) ce mardi 14 avril 2026, quatre patients affaiblis par leur séance sont en phase de récupération. Dans la salle d’accueil, l’impatience se lit sur les visages des garde-malades. Parmi eux, Valérie, une quadragénaire habituée aux allées et venues de ce lieu. Ce matin encore, elle accompagne Henri son époux, atteint d’insuffisance rénale depuis environ 6ans.
Valerie confie avec émotion que les complications liées à la maladie ont rendu son mari aveugle. Mais aujourd’hui, une lueur d’espoir pointe à l’horizon, avec l’arrivée le vendredi 12 avril, de cinq nouvelles machines de dialyse. « Nous sommes un peu soulagés. L’attente est désormais moins longue », souffle-t-elle.
En effet, cette dotation du ministère de la Santé publique (Minsanté) a permis de créer une nouvelle salle équipée de quatre générateurs. Les patients y sont installés sous l’œil vigilant des infirmiers, bien qu’en sous-nombre dans cet unique centre dédié de la région de l’Ouest.
Pour Danielle Nanga, Major adjointe du Centre d’hémodialyse de Hrb, cette bouffée d’air est vitale pour les 162 malades chroniques suivis ici. « Les patients viendront désormais à des heures programmées pour leurs séances », explique-t-elle. Un « luxe » qui semblait impossible il y a encore quelques jours. « Avant, les séances n’étaient plus respectées. Les machines ne se reposaient jamais, alors qu’elles ont besoin d’au moins quatre heures de repos par jour. Elles tournaient 24h/24. On les branchait le dimanche à 19h pour ne les éteindre que le dimanche suivant à midi. À ce rythme, les appareils ne pouvaient pas tenir sur la durée », explique Danielle Nanga.
Des défis persistants
Avec ces nouveaux équipements, le parc de générateurs dudit centre passe de 10 à 15 unités. Cette livraison intervient quelques semaines seulement après un mouvement de protestation des patients de l’Ouest. Ils dénonçaient un plateau technique exsangue, face à la demande croissante. Jusqu’alors, les malades devaient se succéder jour et nuit, dans des conditions d’épuisement extrême pour le corps et les machines, a précisé Raoul Djofang, président de la Famille des hémodialysés de l’Ouest (Fahemdioc).
Malgré cette avancée, Raoul Djofang reste sur le qui-vive. Le combat, selon lui, se déplace désormais sur le terrain des consommables. D’autres difficultés, objet du mouvement de revendication demeurent : les ruptures régulières de kits, notamment les reins artificiels, les lignes de dialyse, le bicarbonate et les acides.
Aurélien Kanouo Kouénéyé







