Boko-Haram : Au moins 80 morts enregistrés depuis décembre 2020 à l’Extrême-Nord
Source/DataViz : Centre d’Etudes stratégiques de l’Afrique

L’Ong Human Rights Watch appelle le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour à la fois accroître la protection des communautés vulnérables, et s’assurer que la réponse des forces de sécurité face à l’aggravation de la violence soit respectueuse des droits humains.

Pillages, kidnappings, attentats, assassinats… Depuis 2014, les populations de la région de l’Extrême-Nord Cameroun sont exposées aux attaques régulières du groupe armé islamiste Boko-Haram. Depuis décembre 2020, relève l’Ong Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié le 5 avril 2021 sur son site, ce groupe armé a intensifié ses attaques contre les civils dans les villes et villages de cette région du septentrion, tuant au moins 80 personnes et pillant des centaines de domiciles.

L’une des attaques récentes les plus meurtrières a été perpétrée à Mozogo le 8 janvier, lorsque Boko Haram a tué au moins 14 civils, dont huit enfants, et en ont blessé trois autres, dont deux enfants. Alors que des combattants tiraient sur des habitants et pillaient des maisons, une femme kamikaze s’est infiltrée parmi un groupe de civils en fuite, déclenchant sa veste explosive, selon des témoins.

« Boko Haram mène contre le peuple camerounais une guerre dont le coût humain est choquant.  Alors que la région de l’Extrême-Nord du Cameroun devient de plus en plus l’épicentre de la violence de Boko-Haramle Cameroun devrait adopter et mettre en œuvre de toute urgence une nouvelle stratégie respectueuse des droits pour protéger les civils en danger dans cette région. », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique centrale à Human Rights Watch.  Cependant, cette organisation qui défend les Droits Humains pense que le nombre réel de victimes est encore beaucoup plus élevé, compte tenu de la difficulté à confirmer à distance les détails des attaques, qui ne sont souvent pas signalées.

Source/DataViz : Centre d’Etudes stratégiques de l’Afrique

Face à ces exactions, HRW appelle le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour à la fois accroître la protection des communautés vulnérables, et s’assurer que la réponse des forces de sécurité face à l’aggravation de la violence soit respectueuse des droits humains. Il est indispensable que le Cameroun et la Force multinationale améliorent la conduite des troupes déployées pour contrer Boko Haram et veiller à ce que les allégations de violations des droits humains qui pèsent contre elles fassent l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires, a souligné Human Rights Watch.

L’insurrection de Boko Haram a débuté au Nigéria en 2009 avant de gagner les pays du bassin du lac Tchad, dont le Cameroun. Le Cameroun a subi un pic d’attaques au cours de l’année écoulée. Les attaques du groupe sont souvent commises de manière indiscriminée, souligne HRW, y compris des attentats-suicides, dans des zones densément peuplées, manifestement conçu pour maximiser le nombre de morts et de blessés parmi la population civile.

Marie Louise MAMGUE

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