E-commerce : Environ 90 % des transactions en Afrique subsaharienne utilisent des canaux informels

D’après le rapport de facilitation du commerce électronique en Afrique Centrale, les pays de la CEEAC sont à la traine dans leurs engagements des achats en ligne, malgré l’évolution des ventes en ligne.

Dans le rapport intitulé « Facilitation du commerce électronique en Afrique Centrale : Le rôle des services mobiles et les implications politiques », la Commission économique pour l’Afrique (Cea) et la Gsma révèlent que le commerce en ligne est de plus en plus prisé, autant chez les femmes que chez les jeunes entrepreneurs. Leur permettant non seulement à développer leurs entreprises, mais aussi à réduire les inégalités en vue de contribuer à la création de valeur locale.

Publié en juin 2021, ce rapport indique que le commerce électronique connait une forte croissance au niveau mondial. Notamment avec des ventes annuelles qui avoisinent les 4, 28 trillions de dollars US en 2020. « Selon les prévisions, le commerce électronique devrait représenter 23 % des ventes au détail mondiales d’ici 2024, contre 18 % en 2020. D’ici 2024, les ventes totales du commerce électronique devraient atteindre 6,5 trillions de dollars, soit plus du double du total de 2018 », informe le rapport.

Le commerce électronique, peut-on lire, touche pratiquement toutes les gammes de produits, dont les plus courus sont les vêtements et les chaussures, puis l’électronique grand public. « En général, l’alimentation et les produits d’épicerie présentent de faibles niveaux d’influence numérique en Afrique subsaharienne et dans d’autres régions émergentes, les consommateurs n’effectuant ni recherche ni achat en ligne en nombre significatif », apprend-on.

D’après ce rapport, les services de vente au détail dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Ceeac) sont jusqu’à nos jours, majoritairement traditionnels et informels. D’ailleurs, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), citée dans le document, relève qu’environ 90 % des transactions en Afrique subsaharienne se font par des canaux informels. Un fait qui trouve, en partie, son explication sur le comportement des commerçants dans l’achat des produits. « Cependant, on observe un mouvement croissant vers des canaux modernes et plus formels, le commerce électronique jouant un rôle de plus en plus important dans l’évolution du paysage de la vente au détail », écrivent la Cea et la Gsma.

Selon ces institutions la transformation numérique est en bonne voie au sein de la CEEAC, avec un taux de pénétration des abonnés mobiles de 42 % à la fin de 2019, contre 18 % au début des dix dernières années, pour espérer atteindre 46 % d’ici 2025.

Malgré ces avancées, le rapport indique que les pays de la CEEAC sont à la traine dans leur engagement des achats en ligne comme dans la Sous-région. De plus, l’édition 2019 de l’indice du commerce électronique révèle que le Kenya (88e), le Nigeria (79e), l’Afrique du Sud (76e) et Maurice (58e) occupent les 4 premières places du classement en Afrique subsaharienne. Tandis que les 11 États membres de la CEEAC ne figurent pas parmi les 100 premiers. Le Gabon, le Cameroun, le Rwanda et l’Angola obtiennent à cet effet, un score supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne (29), mais considérablement inférieur à la moyenne mondiale (55).

Michèle EBONGUE

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