Élevages : Où sont passées les 134 vaches montbéliardes offertes par le gouvernement ?
Source: Etablissements Nana Bouba/DataViz by ADISI-Cameroun

En 20 jours, certains bénéficiaires dans l’Adamaoua ont obtenu plus de 3 603 litres de lait, soit 4 fois la production habituelle. Ainsi, dans la région ayant le plus important cheptel bovin, on pense dupliquer des laiteries pour la valorisation du lait local.

A la ferme des Établissements Nana Bouba, située à environ 72km de Ngaoundéré où l’équipe de www.datacameroon.com s’est rendue le 20 mars 2021, c’est un véritable travail digne d’une ferme des pays du nord qui est fait. A l’entrée de la ferme, Ahmadou Tidjani, le principal berger s’assure que toute personne qui y entre s’est bien désinfectée. Outre la désinfection, il faut aussi s’assurer de ne pas stresser les animaux.

Dans cette ferme, les animaux sont suivis au cas par cas. « Chaque matin, nous leur donnons du fourrage, après nous procédons à la première traite, celle du matin. Pendant que nous faisons la traite, nous leur donnons les aliments concentrés. Après le concentré, nous revenons avec le fourrage. A midi, c’est le tourteau, à 17h, nous revenons avec le concentré et puis nous procédons à la traite de la soirée. Le travail prend fin autour de 22h », explique le berger.

Grâce à ces soins, les vaches de cette ferme sont épargnées des cas de maladie depuis leur transfert dans ce site le 26 février 2021. Même si ces animaux ne sont pas encore victimes de pathologie, les vétérinaires font la ronde pour s’assurer de leur état physique et psychologique. « Concernant la production laitière, plusieurs éléments rentrent en jeu. L’état mental surtout joue un rôle important. Quand l’animal est stressé, il donne moins de lait, même s’il est bien nourri. Il faut s’assurer que l’animal n’est pas stressé. Il en est de même pour le personnel qui veille sur eux », explique Ousmane Chehou, responsable du suivi de la ferme Etablissements Nana Bouba.

Source: Etablissements Nana Bouba/DataViz by ADISI-Cameroun

Vaches montbéliardes

Les Etablissements Nana Bouba font en effet, partie des 08 organisations des producteurs de lait de la région de l’Adamaoua qui ont bénéficié des vaches importées de France. Il a reçu 20 vaches, 11 vêles et 06 veaux. Sa production de lait varie d’une vache à une autre. Selon Ousmane Chehou, dans la période du 26 février au 15 mars 2021, 3603,04 litres ont été produits. « Avant ces vaches, nous produisions déjà des laits avec les vaches locales, mais pas avec le même rendement. Nous avions 2 troupeaux d’environs 70 têtes chacun. Avec les montbéliardes, nos capacités de production ont quadruplé. Le lait recueilli est pesé et transporté dans des bidons vers la ville de Ngaoundéré où il est livré aux commerçants qui font le yaourt », ajoute-t-il.

Avec ce rendement, les responsables pensent déjà à la mise sur pied des laiteries pour la valorisation du lait local. « Nous avons la capacité de satisfaire la demande. Avant les montbéliardes, on avait déjà une bonne capacité de production, avec les nouvelles, on a considérablement augmenté la production. En saison pluvieuse, nous produisons toujours plus », souligne Ousmane Chehou. Et de déplorer : « On a des problèmes de conservation. Avec les nouvelles vaches, vous pouvez imaginer la quantité. Il nous faut des appuis du Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales, surtout en matière d’aliments pour bétail. C’est ça qui fait qu’il y a une différence dans les quantités produites. »

PRODEL

Acquises dans le cadre du Projet de Développement de l’Elevage (PRODEL), les vaches laitières de race montbéliarde importées de France ont été distribuées récemment aux organisations des producteurs de lait des régions concernées. L’Adamaoua, connue pour son important cheptel bovin et son expertise, s’est taillée la part du lion. Sur les 168 vaches, 08 organisations des producteurs de lait de cette région, ont reçu 134. Ces vaches viennent augmenter substantiellement la production laitière de la région et partant du Cameroun dans son ensemble.

Source: Ferelad /DataViz by ADISI-Cameroun

« Les vaches sont bel et bien arrivées dans nos fermes. L’Adamaoua a reçu une bonne partie de ces vaches. Vous savez très bien que notre région est en tête en termes de production de lait et de la viande bovine. Les vaches qui sont déjà dans nos fermes viennent augmenter la production des éleveurs et leur permettre de renforcer leur économie », explique Mamoudou Cerno, président de la fédération régionale des éleveurs de l’Adamaoua (Ferelad). De ces explications, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les montbéliardes sont bien arrivées dans la région après 4 mois d’acclimatation à la station de Lougguere dans le Nord.

En fait, la région de l’Adamaoua qui reçoit la plus grande partie de cette acquisition se distingue par une organisation plus ou moins visible des acteurs de la filière. « Pour ce qui concerne l’Adamaoua, il y a 08 groupements de producteurs qui sont bénéficiaires des vaches génisses laitières. C’est en tout 134 vaches pour les 08 groupements », renseigne le président, visiblement satisfait de cette dotation du Minepia.

Les vaches montbéliardes remises aux producteurs de la région de l’Adamaoua constituent un don du gouvernement camerounais dans son souci de limiter l’importation des produits laitiers. Dans les fermes, on n’a pas envisagé le croisement avec les vaches locales.

Jean BESANE MANGAM

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