Crise électrique : 65 % des entreprises produisent leur propre électricité

Malgré les investissements publics dans les infrastructures électriques, 65 % des entreprises camerounaises recourent aux groupes électrogènes, selon le GECAM. Cette solution de secours renchérit le coût de l’électricité jusqu’à sept fois le tarif industriel et pèse sur la compétitivité des entreprises.

L’électricité reste un frein majeur à la compétitivité des entreprises au Cameroun. Selon le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), 65 % des entreprises camerounaises recourent désormais aux groupes électrogènes pour faire face aux coupures et aux perturbations de l’approvisionnement électrique. Le chiffre a été avancé par Célestin Tawamba, président du GECAM, lors de la rentrée économique 2026, tenue le 10 septembre de l’année en cours.

Le recours à l’autoconsommation représente une charge supplémentaire pour les entreprises. D’après le patronat, produire de l’électricité à partir d’un groupe électrogène coûte entre 200 et 350 F CFA par kWh, contre 50 à 99 F CFA par kWh au tarif industriel. À cette différence s’ajoutent les dépenses liées au carburant, à la maintenance et aux réparations des équipements. Pour des entreprises, cette situation affecte directement les charges d’exploitation et la trésorerie. « Je consacre plus de deux millions par an pour le carburant, l’entretien et le fonctionnement du groupe électrogène », témoigne Julio Djoumessi Kemta, responsable d’une microfinance basée à Bafoussam.

Un diagnostic alarmant

Ce diagnostic du GECAM intervient alors que le Cameroun a engagé d’importants investissements dans son secteur électrique. Le barrage de Nachtigal, d’une capacité de 420 MW, représente un investissement estimé à près de 786 milliards F CFA. Le gouvernement poursuit également le renforcement des réseaux de transport et l’interconnexion du réseaux  interconnectés Sud et celui interconnecté Nord, destinée notamment à acheminer l’énergie de Nachtigal vers le Nord du pays. Le Plan de redressement du secteur de l’électricité prévoit par ailleurs des actions d’urgence évaluées à 400 milliards F CFA sur la période 2023-2027. La dépendance aux groupes électrogènes ne concerne d’ailleurs pas uniquement les entreprises privées. Selon le Journal des projets, l’État camerounais prévoit en 2026 713,629 millions F CFA pour l’acquisition de groupes électrogènes.

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Pour cette organisation patronale de plus de 1 000 adhérents et plusieurs organisations professionnelles, représentant le secteur privé au Cameroun, ces dépenses supplémentaires illustrent le coût économique des perturbations du réseau électrique. Elle appelle ainsi à une amélioration durable de la fourniture d’électricité, afin de réduire le recours aux solutions alternatives et de restaurer la compétitivité des entreprises.

Aurélien Kanouo Kouénéyé

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