Pont de Palar : la reconstruction toujours en attente six ans plus tard

Le décès, le 29 septembre 2026, d’un administrateur principal des greffes, dont le véhicule a été emporté par les eaux au radier de Palar, remet en lumière l’état de ce passage sur la route nationale N°1. Effondré en août 2020, le pont n’a toujours pas été reconstruit.

Le soir du 29 septembre 2026, le véhicule d’Angilbert Njofang Chuekou, administrateur principal des greffes au Tribunal de grande instance de Maroua, a été emporté par les eaux au radier de Palar. Son corps a été retrouvé le lendemain par les sapeurs-pompiers. Un conducteur de motocyclette était également porté disparu au moment des recherches, selon les informations rapportées localement.

Quelques semaines plus tôt, plusieurs autres personnes avaient déjà été emportées au même endroit. Le 30 août 2026, un conducteur de véhicule de transport public avait notamment perdu la vie après avoir été entraîné par les eaux au niveau du radier. Un autre décès avait été signalé le 18 août. Des cas similaires avaient également été rapportés en juin. Ces accidents surviennent alors que les usagers de la route nationale N°1 continuent d’emprunter un passage provisoire au niveau du Mayo Kaliao, six ans après l’effondrement du pont dans la matinée du 31 août 2020 après de fortes pluies. L’ouvrage se trouve au PK 02+523 du tronçon Maroua-Mora de la route nationale N°1.

Sa destruction avait perturbé la circulation sur cet axe reliant Maroua à Mora et Kousseri, puis aux zones frontalières avec le Tchad. Le pont se trouve en effet sur un itinéraire utilisé notamment pour le transport des marchandises vers le bassin du lac Tchad. Pour rétablir durablement la circulation, le ministère des Travaux publics a lancé un appel d’offres pour reconstruire l’ouvrage. Le projet prévoyait un pont de 70 mètres, ainsi que 430 mètres de voies d’accès. Mais le calendrier prévu n’a pas été respecté.

L’évaluation réalisée en août 2025 permet de mesurer le retard pris par le projet. À cette date, l’avancement global n’était que de 7,08 %. Les travaux de construction proprement dits n’affichaient que 4,47 % d’exécution. Dans le même temps, la consommation du délai contractuel avait atteint 342,89 %. Autrement dit, alors que le marché prévoyait une réalisation en 16 mois, le projet était encore très loin de son achèvement plusieurs années après le lancement des travaux. Face aux difficultés d’exécution du marché, le ministère des Travaux publics a engagé la procédure de résiliation du contrat avec l’entreprise initialement retenue afin de permettre la reprise du projet.

En septembre 2026, une nouvelle étape a été engagée avec l’arrivée de Sinohydro sur le site. La difficulté ne se limite pas aux accidents enregistrés au niveau du radier. Lorsque les pluies font monter rapidement le Mayo Kaliao, la traversée devient particulièrement risquée pour les véhicules et les motocyclettes. Les accidents mortels enregistrés en 2026 montrent les conséquences de cette situation.

Célestin TABOULI Succès, à Maroua

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