Allaitement maternel : une pratique encore inégale dans la région de l’Est

Dans cette région, le taux d’allaitement maternel exclusif atteint 62,5 % en 2026, mais cette moyenne masque de fortes disparités entre districts. À Mbang, près de 95 % de nourrissons sont exclusivement allaités, contre seulement 24,34 % à Abong-Mbang. Les contraintes sociales, professionnelles et culturelles continuent de compliquer le respect de la recommandation des six premiers mois.

À Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, Dada ne voit aucun problème à donner du couscous de maïs et une sauce gombo à son bébé de quatre mois. « C’est une bonne nourriture parce que le gombo est riche en protéine et facile à avaler par l’enfant. C’est comme ça que nos parents nous ont élevé. Tous mes enfants sont passés par là », explique cette mère de quatre enfants. À Kano, dans l’arrondissement de Belabo, Priscille, enseignante et mère d’un enfant de cinq mois, a également introduit une alimentation complémentaire. « Pour participer aux examens de la session 2026 au mois de juin, je donnais la bouillie améliorée à mon bébé avant de le laisser à la maison », raconte-t-elle. Des pratiques qui contrastent avec la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui recommande l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois.

Les données de la délégation régionale de la Santé publique font état d’un taux régional d’allaitement maternel exclusif de 62,5 % en 2026. Cette moyenne masque toutefois de fortes disparités entre les districts de santé. Avec des taux variant de moins de 25 % à plus de 90 %, révélant ainsi des écarts importants dans les pratiques d’allaitement exclusif au sein de la région.


Les services de santé de la région, attribuent ces difficultés à plusieurs facteurs. Ils évoquent entre autres, les pesanteurs socioculturelles où certaines familles donnent de l’eau aux nourrissons dès les premiers jours. Ils accusent aussi le manque d’information qui selon eux, entretient certaines pratiques traditionnelles non recommandées. D’après ses services sanitaires, les contraintes professionnelles tout comme les accouchements hors des formations sanitaires constituent une autre faiblesse car certaines mères ne bénéficient pas de conseils nécessaires après la naissance. La promotion des substituts du lait maternel représente également une préoccupation pour les autorités sanitaires.

Et pourtant « l’allaitement procure une alimentation essentielle aux nourrissons et aux jeunes enfants. Il apporte une contribution irremplaçable à leur croissance et à leur développement. Les acides gras contenus dans le lait maternel contribuent au bon développement du cerveau. Il contribue à une meilleure nutrition et réduit les risques de retard de croissance et de développement cognitifs chez l’enfant », conseille un expert de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais dans la région de l’Est, les données de 2026 montrent que le chemin reste long même si la moyenne régionale dépasse désormais 60 %.

Pour inverser cette tendance, l’information des mères ne suffit pas. Les professionnels de santé, les familles, les employeurs et les médias doivent agir ensemble, recommande le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (UNICEF) qui mène notamment la campagne « Plus fort avec le lait maternel uniquement ». Une initiative vise à renforcer la sensibilisation pendant la Semaine mondiale de l’allaitement maternel.

 Sébastian Chi Elvido à l’Est 

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