Consommation :  A Douala, le  prix du poulet toujours en hausse dans les  marchés

Plus en plus rare, cette volaille qui est incontournable dans les assiettes lors des grandes cérémonies et surtout en cette période de fêtes de fin d’année, sera, selon certains éleveurs, absente dans les espaces marchands si rien n’est fait.  

Des poulets en vente au marché central de Douala

« Je ne peux pas acheter un poulet à 5 000 F Cfa, sinon je vais manger quoi après », s’insurge Damaris. Cette ménagère sillonne le secteur de vente de volaille au marché Dakar, l’un des grands espaces marchands de l’arrondissement de Douala 3e. Elle espère trouver un poulet qui convient à sa bourse. Une quête infructueuse. « Mme vous partez déjà, vous proposez alors combien ? » Demande l’un des vendeurs. La cliente n’ose dit mot, elle est étonnée par le prix. Avec son poulet de chair en main, le vendeur tente de la convaincre pendant qu’elle s’éloigne du secteur.

Déçue par la cherté du poulet, Damaris se tourne vers les vendeurs de la viande de bœufs, dont les comptoirs sont situés à un jet de pierre. « Ici, la quantité sera plus grande que de l’autre côté.  En plus, il y aura reste d’argent. Je ne suis pas obligée de manger le poulet », avoue la ménagère.

Selon Hilaire Ndoum, commerçant au marché central de Douala, l’inflation du prix est la conséquence de la rareté du poulet. Une situation engendrée par de la pandémie de la Covid-19 selon les commerçants, qui dure depuis pratiquement 3 mois. « Avant la pandémie, on vendait le poulet à partir de 2 200 F Cfa -2 500 F Cfa. Mais aujourd’hui les poulets sont vendus à partir de 3 000 F Cfa voire 3 500 F Cfa », renseigne-t-il. Ce tarif est pratiquement le même chez tous les vendeurs de ce marché de la capitale économique, à quelques exceptions près. « Le poulet de moins d’1 kg est vendu à 2 800 F Cfa. Et à l’époque où il coûtait 2 000 F Cfa, les clients se plaignaient déjà, aujourd’hui le prix a augmenté de près de 1 000 F Cfa. », soutient Hilaire Kamdem.

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A en croire Hermann Biyo, commerçant au marché Dakar, cette hausse découle de la situation sur le marché national. « Le poulet est rare depuis le début du mois de Novembre.  C’est vrai qu’il n’y en avait pas également durant les vacances scolaires (août-septembre), mais il y en avait quand même entre septembre et octobre. », se souvient-il. Dans les marchés, même les livraisons ont chuté. Basile Noubué, vendeur de poulets de chair, explique qu’avant cette pénurie, « le site du poulet » du marché central de Douala était ravitaillé par au moins cinq fournisseurs. Mais, ces commerçants sont réduits à deux et parfois même un seul livreur, ce qui compromets directement la quantité. « Quand le poulet est rare, nous avons 30 poulets par vendeurs, mais quand il y en a, c’est au moins 70. », témoigne Basile Noubué.

Les raisons

De leur côté, les éleveurs révèlent que cette inflation vient de l’augmentation du prix des poussins. L’unité est passée de 400 F Cfa, à 750 F Cfa, souligne Victor Takou, éleveur de poulets à Dschang, dans le département de la Menoua, région de l’Ouest. « C’était différent à cette période l’année passée. Il y avait assez de poulets le 25 décembre, mais pour cette année il n’y en aura pas », craint-il.

Pour François Djonou, président national de l’Interprofession Avicole du Cameroun (Ipavic), la crise de la Covid-19 et la grippe aviaire en Europe occidentale sont les causes lointaines de la rareté du poulet. « Avec la réduction des vols commerciaux, il était difficile d’importer les reproducteurs. Cette situation s’est aggravée avec la crise de grippe aviaire qui a imposé aux producteurs d’œufs à couver l’importation des parents des pays à statut sanitaire indemne. D’où la réduction du cheptel de reproducteurs dans les fermes parentales et donc la réduction de la quantité des poussins. Ce qui a entraîné la rareté de poulets sur les marchés. », explique-t-il.

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Cependant, l’Ipavic rassure de la disponibilité des poulets dans un délai proche.  « Il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour les fêtes de fin d’année et pour la CAN. Depuis quelques semaines, les poulets reviennent progressivement sur les marchés. Malgré les coûts élevés des matières premières et de frets, les poulets seront disponibles et à des prix raisonnables. », confie François Djonou. Il ajoute : « C’est grâce à la concertation entre l’Ipavic et le ministère de la Pèche et de l’industrie animale (Minepia) que des solutions ont été trouvées pour faire venir des reproducteurs des pays indemnes de la grippe aviaire. Ce qui a permis le retour observé ces jours de poulets dans nos marchés. »

Seulement, à la date du 20 décembre 2021, le poulet est  toujours rare  dans les marchés de Douala et son prix toujours en hausse, malgré les promesses du gouvernement et des responsables de la filière avicole.

Michèle EBONGUE

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