Consommation : Le Cameroun risque une inflation de 2,7% en fin 2019

Par rapport à la même période en 2018, le niveau général des prix a augmenté de 2,5% au cours des neuf premiers mois de l’année 2019, Bamenda et Buéa en tête des villes touchées.

 

Entre Janvier et septembre 2019, le Cameroun a enregistré, une inflation de 2,5% du niveau général des prix, par rapport à la même période en 2018, a indiqué l’Institut National de la Statistique (INS) dans son dernier rapport sur l’« Evolution de l’inflation au cours des neufs premiers mois de l’année 2019 et perspectives ».  Cette hausse est significative au niveau des prix à la consommation finale des ménages qui s’évalue à 2,5%, comparativement à la même période de l’année dernière. Elle était de 0,8% il y a un an. En moyenne, sur les douze derniers mois, la hausse est de 2,3%, en nette augmentation par rapport à la même période de 2018 (+0,8%) et 2017 (+0.5%).

En pleine crise sociopolitique, la ville de Bamenda, est la plus touchée des dix principales villes camerounaises. Elle a enregistré une hausse de 4,8%, suivie de la ville de Buea, également en crise, qui présente une augmentation de 2,9%. La capitale économique, Douala occupe la troisième place avec un taux d’inflation de 2,4%. Les villes de Bertoua et de Yaoundé sont les deux autres les plus exposées avec 2,3%   chacune.  En moyenne, souligne cette étude, sur les douze derniers mois, les prix à la consommation ont progressé dans toutes les villes, à l’exception de la ville de Maroua (-0,1% après +1,7% il y a un an).

L’INS explique qu’en moyenne sur les douze derniers mois, la hausse du niveau général des prix résulte, en grande partie, du renchérissement des prix des produits alimentaires de 2,8%, des restaurants et hôtels de 5,3%, des articles d’habillement et chaussures de 2,8% et des transports de 2,0%. Au cours de cette période, les prix de certains produits alimentaires de grande consommation à l’instar du maquereau congelé (+4%) et du riz (+3%), et dans une moindre mesure de la viande de bœuf (+0,9%) ont flambé. En outre, l’augmentation des prix de certains produits brassicoles, de 25 F CFA à 100 F CFA a été effective dès le 1er mars 2019. Il convient aussi de noter l’entrée en vigueur dès février 2019 de l’exonération de la TVA sur les consommations d’électricité et d’eau lorsque celles-ci sont inférieures par mois à 220 KWH pour l’électricité et 20 m3 pour l’eau.

La situation du marché local reste inquiétante. A en croire L’INS, des tensions sur les prix pourraient se poursuivre en raison des risques réels du ralentissement de l’économie lié au durcissement des conditions de sortie de devises, des inondations ayant détruit les cultures et décimé le bétail à l’Extrême-Nord, et de la persistante de l’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avec pour conséquences la baisse de la production nationale et des perturbations dans l’approvisionnement des marchés.  Au regard de ces facteurs, à l’approche des fêtes de fin d’année, et en l’absence des actions prises pour juguler, à plus ou moins brève échéance, la crise des devises et les actions spéculatives des distributeurs/commerçants, l’inflation pourrait avoisiner 2,7% en fin 2019.

Il est recommandé au   Gouvernement, de   poursuive sa politique de lutte contre la vie chère notamment par le maintien de son soutien aux services sociaux de base, le contrôle de l’application des prix homologués des produits de première nécessité à l’instar du riz, du poisson, et du sucre et les actions d’apaisement dans les régions anglophones.

Marie Louise MAMGUE