Cette organisation internationale qui demande une enquête indépendante, révèle que « les forces gouvernementales et des membres armés de l’ethnie peule » ont tué au moins 21 civils, dont 13 enfants et une femme enceinte, le 14 février 2020 dans le village de Ngarbuh dans la région du Nord-Ouest.

« Nier que ces crimes aient été commis ajoute encore au traumatisme subi par les survivants et ne fera qu’encourager les troupes gouvernementales à commettre d’autres atrocités », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique à Human Rights Watch (HRW) dans leur rapport sur le massacre des civils dans le village de Ngarbuh dans le département de Donga Mantung, dans la région Nord-Ouest du Cameroun, en proie à une crise sociopolitique avec la région du Sud-Ouest depuis 2016.

Dans cette publication qui date du 25 février 2020, cette organisation internationale rapporte que « Les forces gouvernementales et des membres armés de l’ethnie peule ont tué au moins 21 civils, dont 13 enfants et une femme enceinte, le 14 février 2020 dans le village de Ngarbuh, une zone en proie à une crise anglophone. Ils ont également incendié cinq maisons, pillé de nombreux autres biens et passé à tabac des habitants. Les cadavres de certaines des victimes ont été retrouvés carbonisés dans leur maison. »

Des données issues des témoignages des proches des victimes, ainsi que des images satellites, prises avant et après l’attaque de Ngarbuh 3, à en croire cette organisation humanitaire, qui soutient avoir interrogé 25 personnes, dont trois témoins des meurtres et sept proches de victimes. « Human Rights Watch a également obtenu des listes des victimes auprès de cinq sources et s’est entretenu avec des personnes, y compris des membres des familles de victimes et des habitants qui se sont occupés des enterrements, qui ont confirmé de manière indépendante les identités des victimes », précise-t-elle.

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D’après ces témoins, 10 à 15 militaires, dont des membres du Bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise, et au moins 30 Peuls armés ont tout d’abord pénétré à pied dans Ngarbuh 1, un quartier de Ngarbuh, le 13 février vers 11h00 du soir, pillant de nombreuses maisons. Certains membres de ces forces ont ensuite poursuivi leur route vers le quartier de Ngarbuh 2, pillant des maisons et passant à tabac des habitants. Vers 5h00 du matin le 14 février, un groupe de militaires et de Peuls armés a attaqué le quartier de Ngarbuh 3, tuant 21 civils dans quatre maisons, puis incendiant celles-ci, indique ce rapport.

Enquête indépendante

Cependant, ces témoignages ont été démentis par le gouvernement, qui réitère que des « terroristes » armés ont attaqué les forces de sécurité et que l’affrontement a entraîné l’explosion de réservoirs de carburant, ce qui a détruit plusieurs habitations et causé la mort d’une femme et de quatre enfants. Face à ces contradictions, HRW qui affirme n’avoir pas pu entrer en contact avec un membre du gouvernement, sollicite une « enquête indépendante » qui apportera la lumière sur ce massacre humain.

Dans la même logique, Le Comité africain des droits et du bien – être de l’enfant (CAEDBE), préoccupé par ce drame, appelle le Gouvernement camerounais, en tant que signataire de la Charte africaine des droits et du bien – être de l’enfant, « de s’acquitter pleinement de ses obligations légales de protéger les enfants et de mener rapidement une enquête indépendante, impartiale et complète, pour que les auteurs de ces abus rendent compte de leurs actes » et de lui faire part de ses conclusions. Toutes les parties au conflit, sont également invitées à respecter les droits des enfants.

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Marie Louise MAMGUE

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