Crise Anglophone : Plus de 855 mille enfants privés d’école

L’Unicef a rapporté dans un communiqué, que plus de 855 000 enfants ont déserté les écoles, et plus de 4 mille établissements scolaires du primaire et secondaire, restent fermés après la rentrée scolaire 2019-2020, dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest Cameroun.

L’avenir des enfants dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest du Cameroun, est en danger. Pris en otage par la crise sociopolitique qui paralyse cette partie du pays depuis 2016, ces enfants sont privés de l’éducation. Dans un communiqué publié le 5 novembre 2019, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), dresse un état alarmant de la situation des milliers d’enfants qui vivent dans la peur dans ces deux régions qui étaient des références en thème d’éducation au Cameroun. « Trois années de violence et d’instabilité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun ont laissé plus de 855.000 enfants non scolarisés. L’Unicef appelle donc toutes les parties à protéger les enfants et leur éducation », a alerté Marixie Mercado, porte-parole de l’UNICEF. Pourtant, lorsque les enfants ne vont pas à l’école, ils courent« un plus grand risque d’être recrutés par des groupes armés, de se marier, d’avoir des grossesses précoces et d’être victimes d’autres formes d’exploitation et de maltraitance ».

Parmi ces enfants, près de 150.000 ont été déplacés de chez eux, ce qui accroît leur vulnérabilité et leur traumatisme. Pour ceux qui sont restés, les parents qui ont peur des représailles, empêchent les enfants de se rendre à l’école.  Un sentiment qui anime également les enseignants et le personnel, qui par crainte, ne se présentent plus à leur lieu de service.

D’après cette agence onusienne, au cours des trois dernières années, au moins 70 écoles ont été détruites et des élèves et des enseignants ont été enlevés. Deux mois après le début de l’année scolaire en cours, 2019-2020, environ 90% des écoles primaires publiques, soit plus de 4.100 écoles et 77% des écoles secondaires publiques soit 744 institutions scolaires, restent fermées ou non opérationnelles dans ces deux localités.

Face à cette situation, l’agence onusienne invite tous les acteurs à faire en sorte que « l’éducation reste au-dessus de la politique », mais aussi à respecter les enseignants et les autres personnels de l’éducation, y compris les prestataires de l’enseignement à domicile. Il s’agit en fait de créer les conditions pour que les enfants apprennent « dans un environnement sûr et protecteur ».

L’UNICEF estime qu’environ 1,9 million de personnes, dont environ la moitié sont des enfants, sont dans le besoin, soit une augmentation de 80% par rapport à 2018, et presque 15 fois plus depuis 2017. La situation humanitaire devrait encore se détériorer en 2020 en l’absence d’une solution politique. A ce jour, relève cette organisation, environ 65% des deux régions sont inaccessibles en raison de l’insécurité mais aussi, dans une moindre mesure, en raison de l’état extrêmement dégradé des routes.

Marie Louise MAMGUE