Crises sécuritaires : 2,2 millions de personnes déplacées de force au Cameroun
Au 31 juillet 2026, le Cameroun compte 2 229 137 personnes déplacées de force, selon les données du HCR. L’Extrême-Nord et le Nord-Ouest-Sud-Ouest concentrent plus d’un million de déplacés internes, tandis que le pays accueille plus de 400 000 réfugiés et compte près de 800 000 retournés.
Au 31 juillet 2026, le Cameroun compte 2 229 137 personnes déplacées de force, selon les données mises à jour sur le Portail des données opérationnelles du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le chiffre figure dans les statistiques du HCR consacrées au Cameroun pour juillet 2026. Derrière ce chiffre global se trouvent plusieurs catégories de populations.
Le pays compte 412 903 réfugiés, selon les données du gouvernement et du HCR. Le portail recense également 790 842 retournés, selon les données de l’OIM. Avec 510 855 déplacés internes, l’Extrême-Nord figure parmi les principaux foyers de déplacement interne recensés dans les données de juillet 2026. Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, ils sont 493 402. À eux deux, ces espaces concentrent ainsi 1 004 257 personnes déplacées internes. Cette concentration géographique renvoie à deux crises sécuritaires distinctes. Pour le chercheur en géopolitique Mohamadou Bouba, ces deux crises ne sont pas de même nature. « La crise dans la région de l’Extrême-Nord s’inscrit dans une dynamique transfrontalière, nourrie par un ancrage local opportuniste. Elle relève d’une guerre asymétrique et terroriste liée à l’expansion de Boko Haram », analyse-t-il. À l’inverse, « la crise anglophone est endogène, issue d’une contestation sociopolitique et institutionnelle prolongée qui a muté en conflit armé sécessionniste », poursuit le chercheur. Les statistiques traduisent ainsi, en chiffres, l’ampleur des déplacements provoqués par ces deux crises, qui touchent des territoires et des populations différents.
Plus de 400 000 réfugiés
Le déplacement forcé ne se limite toutefois pas aux mouvements de population à l’intérieur du territoire. Au 31 juillet 2026, le Cameroun accueille 412 903 réfugiés, selon les données du gouvernement et du HCR. Le portail recense également 21 135 demandeurs d’asile à la même date. Cette catégorie est distincte de celle des réfugiés, elle concerne les personnes ayant sollicité une protection internationale et dont la demande est en cours d’examen. Pour Dr Houdaïfa, sociologue spécialiste des migrations, ces chiffres doivent être lus à l’échelle des territoires qui accueillent ces populations. « La saturation des infrastructures locales écoles, centres de santé, points d’eau fragilise la cohésion sociale entre les populations hôtes et les personnes déplacées », estime-t-elle. Derrière les statistiques nationales se trouvent ainsi des populations installées dans des territoires qui doivent eux aussi composer avec les conséquences de ces déplacements.
Fadimatou Boubakary







