Douala : après la messe papale, les prix du  transport augmentent

De nombreuses personnes ayant participé  à la célébration eucharistitque du pape Léon XIV, au stade de Japoma le 18 avril 2026,  ont éprouvé d’énormes difficultés à regagner leur domicile du fait de la spéculation orchestrée par des transporteurs.

Âgée de 52 ans, Anne Marie Botte, visiblement épuisée,  est assise à même le sol, sous un soleil ardent, au bord du tronçon de la route Stade Japoma menant vers le quartier Yassa, dans l’arrondissement de Douala 3e. Cette mère de famille vient pour la première fois d’assister à une messe papale. Ce moment qu’elle considère comme un privilège, a été rendu possible,  par la  messe dite  ce 18 avril 2026, à Douala par le pape Léon XIV, en visite apostolique au Cameroun depuis le 15 avril 2026. Le souverain pontife y était dans le cadre de sa deuxième journée de sa visite apostolique au Cameroun.

Mais à la sortie de cette célébration eucharistique, elle ne parvient pas à trouver un moyen de transport  pour regagner sa maison. « Depuis une heure, je cherche une moto ou un taxi pour ramener  ma petite-fille et moi au domicile familial sis au quartier Bonamoussadi ( arrondissement de Douala 5e). Mais je ne trouve rien. Je ne sais même pas si on pourra rentrer aujourd’hui », se lamente-t-elle.

Ce cas n’est pas isolé. De nombreux habitants de la ville  rencontrés lors de cette journée rapportent des difficultés similaires pour rejoindre leur domicile. « Nous avons déjà marché presque deux kilomètres, mais nous ne parvenons toujours pas à trouver un moyen de transport », témoigne Roland Ze, venu à la messe avec ses trois enfants. Outre la rareté des moyens de transports, la flambée des prix aggrave davantage la situation. Léopold Kenfack, habitant Yassa, dénonce la spéculation des transporteurs. « Même pour nous restés au quartier ce jour, il nous est difficile de nous déplacer. Les prix des transports ont presque doublé. Par exemple, partir du Carrefour Yassa pour le marché Ndokoti ( tous situés dans l’arrondissement de Douala 3e, Ndlr), les chauffeurs de  taxi exigent 1000 F Cfa pour une place, alors que ce trajet a toujours coûté 500 FCfa », explique Léopold Kenfack

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Selon Martin Moukan, sociologue, cette situation s’explique par un déficit criarde des moyens de transport publics dans la ville. « C’est tout à fait normal que des gens souffrent après un tel événement. La ville ne dispose pas d’un réseau de transport en commun efficace pour faire face à une affluence aussi importante. L’absence de projets concrets dans ce domaine aggrave la situation », explique-t-il. Il estime par ailleurs que cet épisode devrait servir de leçons aux pouvoirs publics et les inciter à penser  à des solutions durables au transport urbain. « Il faut que l’État s’inspire de cette crise pour mettre en place des projets concrets, afin de garantir un accès équitable aux moyens de déplacement pour tous les citoyens. Sinon, la souffrance continuera à s’accroître à chaque grand événement », conclut-il.

Hyacinthe TEINTANGUE

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