En plus de générer des emplois et richesse diverses, le recyclage et la transformation des déchets, pan important du développement durable, constituent l’une des voies d’accès à la souveraineté nationale. 

Une économie économe est ce dont a besoin le Cameroun. Tels ont été les propos d’Emmanuel de Tailly, Directeur Général de la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc). Il s’exprimait lors d’un webinaire organisé le lundi 6 juillet 2020. Organisé par le Groupement Inter-Patronal du Cameroun (GICAM) dans le cadre de la riposte au Covid-19, le webinaire était axé sur les enjeux et opportunités de l’économie circulaire.

Parmi les actions de cette économie, figure celle sur la gestion des déchets. Soit l’un des pans auxquels les entreprises locales devraient s’investir, n’a pas manqué d’indiquer l’entreprise Brassicole. « Les déchets ne doivent plus être gaspillés », a laissé entendre Emmanuel de Tailly.  Pour lui, la gestion de déchets qui est principalement axée sur le recyclage permet d’éviter le déclin en matière de santé et de pollution. Sachant que le Cameroun produit environ 6 millions de tonnes de déchets par an, dont 600.000 tonnes de déchets plastiques pour la même période. Selon le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature et du Développement durable, cette quantité de déchets plastique représente 10% de la production annuelle.

Selon les chiffres publiés par le Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature, la ville de Douala seule, produit 4.000 tonnes de déchets plastiques par jour. Des statistiques qui ont permis à certains de se réinventer et de créer des valeurs en matière de financement, d’environnement et de pérennité etc. D’où l’existence des entreprises en charge de transformation des déchets. Le cas de Red-Plast, qui est spécialisée dans la sensibilisation, la collecte, et le tri-recyclage en pavés, granulés et tuiles.

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A en croire le promoteur de cette entreprise, Rodrigue Ngonde, plus d’une dizaine de fabrique œuvre dans ce secteur, même si toutes ne sont pas sérieuses. « Il ne faut pas être un expert pour savoir que le recyclage de déchets plastiques n’est pas très efficient », relève Didier Yimkoua, environnementaliste. Surtout « qu’on ne peut pas réduire à zéro l’impact de ces déchets sur la nature », a-t-il ajouté.  Pour Rodrigue Ngonde, la faible présence des entreprises dans ce domaine n’est pas ce qui coince. Au contraire, la difficulté se situe au niveau de la représentation de celles-ci sur le territoire national, et au niveau des moyens dont disposent les entreprises pour pouvoir réduire au maximum les déchets. Surtout que « ce sont des produits recyclés qui aident à réduire la pollution par les déchets plastiques », souligne le fondateur de Red-Plast.

Selon les experts, le recyclage et la transformation des déchets plastiques permet d’être moins dépendant de l’extérieur. « Ce qui est important en matière de souveraineté nationale », a indiqué le Directeur Général de la Sabc. Et pour que ça marche, le Cameroun doit « limiter les exportations de matière première plastiques, mettre sur pied des produits écologiques, créer des emplois verts, etc.… », recommande Rodrigue Ngonde. Quoique l’aspect compétitivité n’est pas à prendre à la légère, même s’il est question ici, d’une gestion durable des déchets. Une affaire qui interpelle tout le monde, et qui recommande à chacun de s’y engager. « Engageons-nous résolument vers cette économie, et la seule voie durable pour le développement de notre économie », a conclu Emmanuel de Tailly lors de ce webinaire piloté par le Gicam.

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Michèle EBONGUE

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