Education de base : dans le Noun, seulement 22,6% des enseignants sont des fonctionnaires
Sur les 2 381 enseignants recensés dans les écoles publiques du département du Noun au cours de l’année scolaire 2025-2026, seuls 537 sont des fonctionnaires. Les maîtres pris en charge par les associations des parents d’élèves et enseignants, les communes et les enseignants contractuels représentent 1 844 effectifs.
Dans le département du Noun, les écoles primaires publiques font face à un important déficit d’enseignants recrutés et rémunérés par l’État. Les chiffres illustrent l’ampleur de cette pénurie. Sur les 2 381 enseignants recensés dans le département, 1 844 sont des maîtres communautaires ou des enseignants contractuels, soit 77,4 % des effectifs. Les premiers sont recrutés et rémunérés par les associations des parents d’élèves et enseignants (APEE) ou les communes, tandis que les seconds exercent sous contrat. Cette configuration met en évidence les difficultés de l’État à assurer une couverture suffisante en enseignants titulaires, un manquement qui semble s’étendre dans toute ka région.
Les chiffres de la délégation régionale de l’Éducation de base de l’Ouest montrent qu’au cours de l’année scolaire 2025-2026, les écoles publiques de la région ont accueilli 602 777 élèves, encadrés par 9 020 enseignants. Dont 3 235 fonctionnaires, 3 166 enseignants communautaires, et 2 619 contractuels. A côté de ses chiffres, l’Institut national de la statistique (INS), signale d’importantes disparités entre les départements. Dans la Mifi, par exemple, l’encadrement repose majoritairement sur les fonctionnaires qui représentent près de 73 % des effectifs, avec 908 enseignants sur un total de 1 253. À l’inverse, le Noun se distingue par une dépendance particulièrement élevée envers les maîtres communautaires et les enseignants contractuels. Pourtant, ce département s’impose comme le principal pôle scolaire de la région de l’Ouest avec 191 918 élèves inscrits, soit plus de 32% du total régional.
Selon Robert Fotso, inspecteur régional de pédagogie en technologies éducatives à la délégation de l’Education de base de l’Ouest, certaines écoles à cycles complets ne comptent que deux enseignants. Il précise que depuis 2018, le Programme d’appui à la réforme de l’éducation au Cameroun (PAREC) tente de réduire le déficit d’enseignants à travers le recrutement annuel d’environ 3 000 enseignants. Mais sur le terrain, le dispositif reste confronté à plusieurs contraintes. « Le contrat de cinq ans imposé aux enseignants recrutés n’est pas toujours respecté. Certains démissionnent ou refusent d’être affectés dans des zones enclavées », explique Robert Fotso.
Les parents au secours de l’école publique
Face à cette situation, Joseph Tenkoua, acteur de la société civile, affirme que dans plusieurs localités, l’école publique fonctionne grâce à l’implication financière des communautés à travers la construction des salles classes, le recrutement des enseignants et l’achat des supports pédagogiques. Une analyse que confortent les données de l’INS qui relèvent que la région de l’Ouest se distingue par des contributions des parents supérieures à la moyenne nationale. Les ménages consacrent, précise l’INS, en moyenne 4 236 FCFA au primaire et 9 325 FCFA au secondaire au titre des frais de cotisation.
Aurélien Kanouo Kouénéyé







