Alors que des élèves reprennent le chemin des classes ce 1er juin 2020 au titre du 3ème trimestre, les enseignants disent n’avoir pas été consultés. Ils ont néanmoins envoyé au gouvernement, ce qui pour eux sont des préalables.

La reprise des cours annoncée pour ce 1er juin 2020 au Cameroun divise le corps enseignement et le gouvernement. Dans des correspondances différentes, respectivement adressées au Premier ministre chef du gouvernement le 20 mai 2020 et au Ministre de l’Enseignement supérieur le 26 mai 2020, les enseignants camerounais dénoncent le fait qu’ils n’ont pas été consultés lors de la prise des mesures qui encadrent la reprise des cours.

A la place d’une reprise des cours au secondaire, les syndicats d’enseignants proposent au gouvernement d’organiser les examens sur la base de la couverture à jour des programmes scolaires. Aussi, ils demandent d’échelonner au besoin, la reprise des classes en commerçant dans le secondaire par les terminales, pour éviter l’engorgement des campus, de limiter le nombre d’élève à 24 par classe au maximum. Sur le plan sanitaire, ces syndicats sollicitent que le gouvernement assure la disponibilité gratuite des masques et gels hydroalcooliques pour tous les élèves et enseignants sur tous les campus scolaires, la désinfection quotidien et méticuleuse des campus scolaires.

Ils réclament aussi une prime spéciale pour la surcharge de travail et le risque imposé par le nouveau contexte et demandent que les établissements scolaires secondaires bénéficient des reliquats des frais exigibles, non débloqués à ce jour. « Les syndicats mobiliseront les enseignants en cas de nécessité à se défendre si les dispositions claires ne sont pas prises pour assurer leur retour protégé sur le campus scolaire », précise ces syndicalistes.

Université

Le Syndicat National des Enseignants du Supérieur (Synes) de son côté, soutient que la mise en œuvre efficiente de l’éclatement des filières à grands effectifs en plusieurs groupes, de façon à respecter les mesures de distanciation sociale est une utopie dans les Universités d’Etat. « Avant l’apparition de la pandémie, le nombre de places assises dans ces établissements facultaires ne permettait déjà pas d’accueillir convenablement les étudiant(e)s, malgré parfois la segmentation en plusieurs groupes », regrette-il.

Le Synes remet aussi en question, les mesures concernant la prise de température des étudiant(e)s par thermo-flash, la désinfection régulière des amphithéâtres et des salles de cours afin de garantir Ia santé des étudiants, l’installation des points de lavage des mains devant les amphithéâtres, les salles de cours et les blocs pédagogiques. Bien que ces mesures soient nécessaires, elles doivent pour ces syndicalistes être accompagnées des dispositions particulières qui faciliteront leur mise en application. « Au-delà de la prise de température, il est souhaitable que le personnel enseignant, dans son ensemble, subisse un test de Covid-l9, compte tenu du fait que plus de 30% de ce personnel est âgé de plus 55 ans, et donc concerné par la tranche de personnes à haut risque d’infection au Sars Cov 2. Il y a lieu de s’interroger sur la fourniture constante de l’eau par Camwater. Ne peut-on pas envisager de se donner le temps de construire des forages dans les différents campus », suggèrent ces enseignants.

Face à ces inquiétudes, le Synes recommande un report de la rentrée du début des enseignements en présentiel et son étalement sur plus de huit semaines à une date ultérieure pour permettre de réunir toutes les conditions nécessaires à l’implémentation efficiente des mesures barrières sur les campus et que les enseignements en présentiel s’étalent sur plus de huit semaines avant le début des examens.

Une doléance qui n’a pas trouvé un écho favorable, puisque la date de la reprise des cours au Cameroun a été maintenu par le Premier ministre sous haute instruction du Chef de l’Etat. Une date indicative devenue impérative, a souligné le ministre de l’Enseignement supérieur, qui sera respectée par tous.

Marie Louise MAMGUE

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