Immigration : Plus 90% des africains prêts à retenter l’expérience vers l’Europe

Une étude du PNUD montre que 93% des migrants africains qui ont tenté une migration clandestine vers l’Europe, sont prêts à le refaire malgré les risques souvent mortels auxquels ils s’exposent.

Intitulé,  « Escalader les clôtures : parole de migrants africains irréguliers en Europe » le rapport du  Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), publié  le 21 octobre dernier, présente les résultats d’une étude qui explore les perspectives et les expériences de 1970 personnes originaires de 39 pays d’Afrique, dont 77 Camerounais, qui ont migré vers l’Europe par des voies clandestines. Ces migrants établis dans 13 pays européens, ont tous déclaré être arrivés en Europe par des moyens irréguliers et non pour des raisons liées à l’asile ou à la protection. Malgré les dangers auxquels ils sont exposés, plus de 90% des migrants interrogés, ont confiés qu’ils étaient prêts, à courir les mêmes risques vers l’Europe.

La recherche de l’emploi n’est pas la seule motivation de ces migrants. « Tous les migrants irréguliers ne sont pas « pauvres » en Afrique et n’ont pas un niveau d’éducation plus bas », souligne le PNUD. Environ 58% de ces africains, ont quitté leur emploi ou étaient à l’école au moment de leur départ. La majorité d’entre eux travaillaient et avaient un salaire correct. Cependant, environ la moitié de ceux qui travaillaient ont déclaré qu’ils ne gagnaient pas assez.

En fait, précise cette agence onusienne, pour les deux tiers des personnes interrogées, ce qu’elles gagnaient ou les perspectives de salaire dans leur pays d’origine ne les ont pas empêchés de partir. Les répondants ont également passé au moins trois ans de plus à étudier que leurs pairs.

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Soutien financier                          

Selon le PNUD, la honte apparente de ne pas réussir leur « mission » d’envoyer des fonds suffisants apparaît comme un facteur important du maintien des migrants en Europe. Environ 53% ont reçu un soutien financier de la part de leur famille et de leurs amis, et une fois en Europe, environ 78% envoient de l’argent à leurs proches.

Le rapport a également mis en évidence des différences essentielles entre les hommes et les femmes en ce qui concerne l’expérience des migrants. L’écart de rémunération entre hommes et femmes qui favorisent les hommes en Afrique,selon le PNUD, « est spectaculairement inversé en Europe. Les femmes gagnant 11% de plus, contre 26% de moins en Afrique. » Par conséquent, une proportion plus élevée de femmes renvoie de l’argent.Toutefois, s’agissant de la criminalité, les femmes souffrent davantage que les hommes, avec une proportion plus élevée de victimes d’un crime au cours des six mois qui ont précédé l’enquête, et des cas d’agressions sexuelles nettement plus fréquents.

Pour le PNUD, Escalader les clôtures est «un appel à continuer à élargir les possibilités et les choix en Afrique tout en renforçant les possibilités de passer d’une migration « non régulée » à une migration « régulée », conformément au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ».

Marie Louise MAMGUE