Crise anglophone : 65 organisations de la société civile alertent la CADHP

Une coalition de 65 organisations africaines, ont encouragé à travers une correspondance, le président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, à référer les violations graves des Droits de l’Homme au Cameroun à la prochaine Assemblée des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra les 30 et 31 janvier 2020.

La situation des Droits de L’Homme au Cameroun serait-elle en péril ? A en croire une coalition de près de 65 organisations de la société civile africaine, dont l’Association pour le Développement Intégré et la Solidarité Interactive (ADISI-Cameroun), la situation des droits de l’Homme au Cameroun, connait une détérioration inquiétante. Une condition qui s’empire avec la crise sociopolitique, dite « anglophone », qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun depuis 2016.

 

Un constat, qui préoccupe ces associations. Ce d’autant puisque, relève cette coalition, le rapport final du « Grand Dialogue National », convoqué par le président de la République du Cameroun, Paul Biya,afin de trouver des solutions à cette crise, ne contient aucun libellé et aucune recommandation sur les abus et la responsabilité pour les crimes graves commis parles forces gouvernementales et les séparatistes armés. « Aucune des commissions créées dans le cadre du dialogue national n’a eu le mandat d’examiner des questions relatives aux droits de l’homme et aucune consultation préalable avec les victimes des violations des droits de l’homme dans les régions anglophones n’a eu lieu avant le dialogue », souligne ces association dans une correspondance  récemment adressée  au  Président de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), avec ampliation aux  Présidents en exercice de l’Union africaine (UA) et de la Commission de l’Union africaine, ainsi qu’aux Commissaires à la paix et à la sécurité de l’Union africaine.

Ces acteurs de la société civile, encouragent la Commission à réagir de manière urgente à la détérioration de la situation des Droits de l’Homme au Cameroun. Ceci conformément à l’article 58 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui prévoit que la Commission réfère les cas de graves violations des droits de l’homme à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.

A lire aussi :  Made in Cameroun : La production des farines locales en projet

 

Urgence

A cet effet, la coalition appelle  la Commission, entre autres,  à référer les violations graves et systématiques des droits de l’homme au Cameroun à la prochaine Assemblée des chefs d’État et de gouvernement qui se tiendra les 30 et 31 janvier 2020 ; faire un briefing au Conseil de paix et de sécurité ; mettre en place et mener une mission d’enquête sur toutes les allégations de violations des droits de l’homme commises dans les régions anglophones et recommander des mesures pour que les auteurs de tels actes soient traduits en justice . Elle sollicite aussi l’Union africaine à créer le poste d’envoyé spécial pour le Cameroun qui rend compte directement au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. En plus de servir de liaison entre le gouvernement camerounais et l’Union africaine, cet envoyé devrait enquêter et rapidement établir un rapport sur les besoins et les défis en matière de protection des civils.

Sur ce point, l’UA attend toujours l’autorisation du Cameroun pour qu’elle vienne toucher du doigt ces violation sur les différents théâtres de ces violations. Le nouveau président de la CADHP, Son Excellence Solomon Dersso le rappelait à Banjul le 25 octobre dernier aux représentants du Cameroun.

Même si ces organisations saluent la libération de la centaine d’acteurs politiques et d’autres détenus au Cameroun,elles demandent également la libération des journalistes et d’autres militants encore écroués.

Marie Louise MAMGUE