Importations de poisson : le Cameroun dépense un peu plus de 900 milliards F Cfa en cinq ans.
Avec 230,8 milliards F Cfa sortis des caisses de l’État, l’année 2025 caracole en tête du classement, avec 267 259 tonnes importées au 31 décembre dernier, alors que la production nationale n’atteint pas les 200 000 tonnes au dernier pointage du Minepia.
D’après la note de conjoncture de l’Institut national de la statistique (Ins) sur le Commerce extérieur du Cameroun en 2025, le pays a dépensé 230,8 milliards F Cfa pour s’offrir 267 259 tonnes de poissons de mer congelés au 31 décembre 2025. C’est également l’année au cours de laquelle le Cameroun a importé la plus grande quantité de poisson sur les cinq dernières années. En 2025, avec plus de 60 tonnes, les volumes enregistrés dépassent ceux de 2024 et 2022 (26 tonnes de plus, Ndlr), qui constituait jusque-là l’année record depuis 2021.
Si les quantités de ces importations varient d’une année à l’autre, les économies débloquées par le gouvernement camerounais sont toutes aussi fluctuantes. En 2021 par exemple, le Cameroun a déboursé 134,1 milliards F Cfa sur le marché international pour acheter du poisson, soit moins de 60 milliards qu’en 2022. En sommes, le Cameroun a dépensé 917,3 milliards F Cfa entre 2021 et 2025 avec des importations de 1 140 221 tonnes en 5 ans.
Un assujettissement aux importations du poisson quand la production nationale, selon les chiffres du ministère de l’Elevage, des Pêches et des industries animales (Minepia) montrent une régression de plus de 6 000 tonnes de la production locale en 2025 comparativement à 2024 où le pays avait produit près de 225 000 tonnes de poisson. Pourtant, selon le Document de programmation économique et budgétaire 2025-2027 du ministère des Finances, la production halieutique du Cameroun devrait passer de 225 000 tonnes en 2024 à 600 000 tonnes en 2027.
Avec une production halieutique nationale avoisinant les 93 000 tonnes en 2021, le Cameroun :« est passée de 233 363 tonnes en 2022 à 241 561 en 2023 », révélait Divine Ngala Tombuh, sous-directeur de l’aquaculture au Minepia, dans les colonnes de Cameroon tribune, avant de préciser qu’ « elle [la production halieutique nationale, ndlr] est principalement dominée par la pêche artisanale maritime qui représente 76% de la production totale ». Cette production reste toutefois insuffisante pour satisfaire le marché national, dont la demande est estimée à environ 500 000 tonnes.
Pour réduire cette dépendance, le gouvernement prévoit
Pour réduire cette dépendance, le gouvernement prévoit de renforcer la production nationale. À date, le Minepia multiplie les initiatives dont la remise des équipements modernes, le développement des fermes piscicoles et l’amélioration de la chaîne de conservation par les marchés dédiés ainsi que la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique.
Mais, pour Mohamed Foupouapouognigni, spécialiste en chaîne alimentaire, la solution pour booster ce secteur d’activité est ailleurs. « Il faut faire un état des lieux de la filière pour évaluer tous les problèmes y afférents et les résoudre par la suite. Pour un réel développement de la filière, il faut d’abord investir au niveau de la formation et de l’éducation pour une pêche locale efficace. C’est-à-dire qu’on forme les pêcheurs, on éduque les consommateurs sur le bienfondé de la consommation des produits locaux », préconisait-il déjà il y a deux ans dans un article de DataCameroon.
Désiré Domo







