Médecine traditionnelle : L’avant-projet de loi réexaminé et validé
Quelques produits utilisés dans la médicine traditionnelle. ©OMS Cameroun

Médecine traditionnelle : L’avant-projet de loi réexaminé et validé

Les textes amendés permettront entre autres, de règlementer les conditions d’accès au métier de tradipraticien et de valider les acquis Médecine traditionnelle.

Le Cameroun s’achemine-t-il vers la fin de l’assujettissement à la médecine conventionnelle ?  C’est ce qu’on serait tenté de croire au terme de l’atelier de consolidation, relecture et validation de l’avant-projet de loi de la médecine traditionnelle au Cameroun, qui s’est tenu à Mfou, dans la Mefou et Afamba, région du Centre du 15 au 17 novembre 2023. Ces travaux interviennent trois ans après la tenue du Forum sur la médecine traditionnelle. Comme recommandations, il y avait entre autres, la présentation au parlement du projet de loi sur la médecine traditionnelle en instance depuis plusieurs années au niveau du gouvernement.

« L’amendement de ces textes est une bonne nouvelle pour nous car nous allons pouvoir exercer en toute légalité sans être considérés comme des charlatans », se réjouit Hassana Alim, herboriste qui confesse que les rapports entre phytothérapeutes et médecins ont toujours été conflictuels. Pour Anatole Essian, tradipraticien, il ne suffit pas seulement de rédiger les textes, mais aussi de les mettre en application. « C’est pourquoi nous avons le regard tourné vers le gouvernement car c’est lui qui détient tous les pouvoirs, qui doit pouvoir nous accorder la place qui nous est due. Mettre un frein sur les importations du médicament et nous accompagner dans la production des médicaments traditionnels améliorés en nous octroyant des autorisations de mise sur le marché. Vous voyez clairement que cela va permettre de faire entrer les devises à l’image des pays comme la Chine et l’Inde », ajoute-il.

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Selon Boukar Oumate, inspecteur général des services administratifs, au Ministère de la Santé Publique (Minsanté), le Premier ministre insiste sur la nécessité de disposer des normes applicables à la médecine traditionnelle.  A cet effet, il faut une clarification des conditions d’accès au métier de tradipraticien, une validation des acquis et une formation adéquate entre autres. Ainsi, la définition, l’identification, les conditions d’accès à la profession de tradipraticien de santé jusqu’à la création des centres de médecine traditionnelle, ont été réexaminés et amendés.

Pour développer le secteur, l’économiste Georges Fouda pense qu’il faut commencer par former les acteurs de la filière, accélérer la fabrication des consommables et autres intrants pharmaceutiques. A ce sujet, Mgr Samuel kleda, archevêque métropolitain de Douala, connu pour ses recherches en phytothérapie admettait lors du forum sur la médecine traditionnelle en 2020 que les populations sont soignées à base des plantes, mais notre pharmacopée n’a pas la place qu’elle mérite.  « Il faut que la phytothérapie entre dans les écoles de formation médicale et que les tradipraticiens soient formés à la maîtrise des plantes », recommande Samuel kleda.

Mélanie Ambombo

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