Des acteurs internationaux et nationaux incriminés par les pouvoirs publics et ses soutiens réagissent à la suite du communiqué de la Présidence de la République synthétisant les résultats de l’enquête de ce qui est désormais appelé le « massacre de Ngarbuh ».

                             A la sortie d’une messe en l’honneur des victimes de Ngarbuh

Dans une note de 5 pages en français et en anglais lue au 17h de la radio nationale le 21 avril dernier avant d’être répandue dans les réseaux sociaux, le Secrétaire Général de la présidence de la République fait un état des lieux de ce qui s’est passé à Ngarbuh dans la nuit du 13 au 14 février 2020.

Accusé comme Me Akeré Muna et le Pr kamto d’avoir tancé l’armée sur leur compte Facebook et twitter, Me Agbor Balla se félicite des résultats de l’enquête qui donnent raison aujourd’hui à tous ces acteurs qui incriminaient l’armée. « Nous devons continuer à plaider pour une société juste et équitable ou l’Etat de droit et le respect des droits fondamentaux de l’homme seront la règle et non l’exception » martèle t- il.

Contacté, Human Right Watch dit avoir pris acte de ce communiqué de la présidence de la république. « On travaille dessus et allons publier notre réaction dès que ce sera prêt » indique-t-on à HRW dont plusieurs campagnes ont été organisées par les médias proches du pouvoir et par le gouvernement qui voyaient en l’enquête publiée par cette ONG internationale, « des manouvres pour déstabiliser le Cameroun ». « Nous allons commenter cette sortie de la Présidence, nous avons juste besoin de bien lire le communiqué et analyser tous les paragraphes » précise-t-on à HRW.

Tibor Nagy, le sous- secrétaire d’Etat aux affaires africaines du département d’Etat américain, pourrait dans les prochaines heures réagir sur son compte twitter à en croire une source à l’Ambassade des Usa à Yaoundé. Il devrait ainsi, donner la position de Washington sur cette sortie. On se souvient que c’est sur son même compte digital qu’il appelait à une enquête indépendante et le châtiment des coupables. Cependant, quelques heures après la publication du communiqué, la chancellerie des Usa au Cameroun a fait un tweet dans lequel elle dit se réjouir « de la démarche de transparence à propos de l’attaque du 14 février à Ngarbuh ». Tout en indiquant accueillir « la décision de demander des comptes aux personnes soupçonnées d’avoir mené cette action et d’avoir tenté de la dissimuler ».

Pour sa part, le Dr Raoul Sumo Tayo chercheur sur les questions de sécurité et défense, croit « qu’avec ce communiqué, nous revenons aux fondamentaux de la communication de guerre ». Au sujet de savoir si Yaoundé à céder sous la forte pression des appels d’ONG nationales et internationales ainsi que des leaders des partis politiques de l’opposition, « Il est possible » susurre-t-il. Et de suggérer que le gouvernement qui fait une fleur aux ONG dans les derniers paragraphes de ce communiqué, « gagnerait à voir en elles, des lanceurs d’alerte ». Toujours est-il que « le communiqué établit des responsabilités, annonce publiquement des sanctions et promets des réparations ». 

Pour mémoire

La Présidence de la République a publié ce 21 avril 2020, un communiqué qui énonce les grandes lignes de l’enquête prescrite par le chef de l’Etat le 17 février à la suite du massacre de Ngarbuh dans le Nord-Ouest. Dans ladite enquête, les coupables dont les hommes en tenue et une dizaine d’hommes en civile d’un groupe d’autodéfense sont cités. Ledit communiqué annonce les sanctions dont des procédures disciplinaires et pénales ainsi que des réparations à l’endroit des familles des victimes.

Les faits relatés par le Secrétaire général de la Présidence de la république sont similaires à ceux d’un survivant de Ngarbuh dont DataCameroon avait requis l’anonymat.

Paul- Joël Kamtchang

 

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