Ouest : Le boycott du MRC terrorise les partis politiques en lice

A l’Ouest Cameroun qui enregistre un grand nombre de militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), limiter letaux de participation ou d’abstention aux Législatives et municipales 2020, est l’un des enjeux majeurs des formations politiques en lice.

Dans la Région de l’Ouest,où se recrutent un grand nombre de militants et sympathisants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le taux de participation ou d’abstention au double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020, est l’un des enjeux majeurs des différents partis en lice. Le MRC ayant décidé de boycotter ces élections locales, l’abstention est devenue pour plusieurs partis en campagne, le principal adversaire. « Nous passons moins de temps à présenter notre profession de foi aux citoyens qu’à les convaincre de ne pas boycotter les élections » affirme Brice Tchouo, candidat à la députation dans la Mifi, pour le compte du Front pour le Salut National du Cameroun(FSNC).

Le 26 janvier déjà, le MRC a voulu célébrer le premier anniversaire de l’interpellation de certains de ses militants suite aux marches dites blanches interdites. A Bafoussam, le parti de Maurice Kamto voulait marquer l’évènement en appelant activement au Boycott. A cet effet, les journalistes ont été invitésà une conférence de presse dont l’objet officiel était« la lutte non violente comme méthode de lutte politique. » avec comme objectif de « faire savoir à l’opinion que leur démarche tient du souci d’exprimer leur opinion sur le dénouement de cette élection sans user de violence envers les concitoyens. » La conférence a été interdite, et des éléments des forces de l’ordre ont été déployés pour empêcher la tenue de cette rencontre.

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Dans le Ndé, Rosange Raïssa Jimegni, Laurent Mbieda, Jean Fonga et Jean-Marie Kamtchouang, quatre militants du MRC ont été interpelés la semaine du 27 janvier au 02 février et traduits en justice à Bangangté alors qu’ils appelaient les populations à Boycotter le vote. Placés sous mandat de détention provisoire pour réunion et manifestation non autorisées, attroupement en fraude électorale et rébellion, ils ont comparu le 06 février 2020 devant le tribunal de première instance de Bangangté pour la première audience de leur procès.

Campagne électorale

En dépit du faible enthousiasme que suscitent ces élections, les forces en présence se sont activées pendant deux semaines pour convaincre les électeurs. Dans les Bamboutos, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais(RDPC), cherche à conserver le monopole face aux concurrents. Pour Emmanuel NganouDjoumessi le président de la commission départementale de campagne RDPC dans les Bamboutos, ce département est « une forteresse inviolable ». Le Front social-démocrate(SDF)et le PCRN cherchent à démontrer le contraire, mais non sans difficultés. Olivier Atinbop, tête de liste du PCRN dans ce département pour les législatives affirme que « dans certains villages où ils sont descendus les gens ne savaient même pas qu’il y a une élection le 09 février prochain ». C’est nous qui les avons informés » ajoute le candidat qui a en outre dû faire face à l’hostilité de leurs adversaires.  « Nous estimons qu’une campagne électorale est un moment de partage, d’échange sur l’avenir de notre cher et beau pays, il n’y a pas de raison que les militants d’un certain parti politique se mettent à déchirer les affiches d’un autre parti politique. Affirme-t-il en faisant allusion au RDPC.

A Bafoussam, la bataille entre le RDPC et le SDF s’est intensifié pendant la dernière semaine de la campagne. Dans le 1er arrondissement, le duel pour la municipalité se joue entre deux hommes. Les têtes de listes du RDPC, le Dr Jules Hilaire FockaFocka et Cyrille Ngang du SDF. Ils s’affrontent pour tenter soit de conserver la mairie pour le RDPC, soit de reprendre les rênes pour le SDF. A Bafoussam 2e par contre, le RDPC cherche à conquérir la commune occupée par le SDF depuis deux décennies. Outre ces deux champs de rivalité, l’enjeu final est le contrôle de la super mairie de la ville, sachant que les conseillers municipaux devront élire le Maire de la ville, qui remplacera désormais le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine.

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Partis en lice

9 partis politiques sont en compétition dans la région de l’Ouest. LeRDPC est la formation politique à avoir des listes en compétition dans toutesles communes d’arrondissement de la région de l’Ouest, pour l’élection municipale. Le parti au pouvoir est d’ailleurs seul sur la ligne de départ dans 11 arrondissements, notamment l’arrondissement de Babadjou et Batcham (département des Bamboutos), à Bakou dans le Haut-Nkam, à Bangou et Batié dans le département des Hauts-Plateaux, à Fokoué et Penka Michel dans la Menoua, dans toutes les communes que compte le département du Ndé (Bagangté, Bassamba et Bazou et Tonga). Pour l’élection législative, le RDPC n’a aucun concurrent dans le département du Ndé.

PHILIPPE MALONG à Bafoussam