Poliomyélite : Plus de six millions d’enfants à vacciner au Cameroun
Carte Polio au Cameroun

C’est l’objectif des deux campagnes de vaccination qui se tiennent les 18 – 20 septembre et 9 – 11 octobre 2020 dans 6 régions sur les 10 que compte le pays.

La petite Reine ne connaitra plus jamais la joie de se servir de ses membres inférieurs. Marcher, courir et jouer ne seront pour elle plus qu’un souvenir. C’est le 29 février 2020 que tout a basculé pour cette fillette et sa famille installée à Ngog-Mapubi, une commune rurale située dans le département du Nyon-et-kelle, région du Centre. Après une fièvre et des douleurs aux articulations, Reine est conduite à l’hôpital du coin par sa mère. C’est une fois après prélèvement et analyse que sa maman apprendra que sa fille ne marchera plus. À seulement 44 mois, soit 3 ans 8 mois, elle est atteinte d’une forme de poliomyélite.

Des cas de poliovirus circulant dérivés d’une souche vaccinale de type 2 dénommé PVDVc2 comme pour Reine sont également confirmés dans les districts de santé de Betaré-Oya, Bertoua et Garoua-boulai à l’Est du pays, Biyem-assi dans la région du Centre et le district de santé de Nylon dans le Littoral. La situation des épidémies de PVDVc2 au Cameroun en 2020 présente 5 poliovirus circulant dérivés d’une souche vaccinale de type 2 dans l’environnement et 4 contaminations de type humain. Ngog-Mapubi dans le Centre, Kette et Bétaré-Oya à l’Est sont les zones touchées par le PVDVc2 humain. Le district de santé de Biyem-assi dans le Centre, Nylon dans le Littoral et Bertoua à l’Est sont les aires de santé où les cours d’eau ont été testés positif au PVDVc2.

Le 31 juillet 2019, le bulletin d’information sur les flambées épidémiques dans le bassin du lac Tchad indiquait plusieurs flambées dues au poliovirus circulant de type 2 dérivé d’une souche vaccinale. Les pays de cette sous-région, Cameroun, Niger et Nigéria ont signalé des flambées détectées à partir d’échantillons prélevés chez l’homme ou dans l’environnement.

6 millions d’enfants à risque au Cameroun

Selon les résultats du monitorage indépendant réalisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 29 au 31 mars 2019, la propagation du poliovirus est en partie due au refus des parents de faire vacciner leurs progénitures face à la montée des lobbyings anti-vaccination. « La plupart des parents qui disent que leurs enfants sont absents sont en fait des refus déguisés. Nous avons des réticences au sein même du personnel de santé », indique le Dr. Brice Edzoa, le coordonnateur régional du groupe technique régional du Programme Elargi de Vaccination du Centre.

L’autre cause, c’est le coronavirus qui a dissuadé ceux des parents qui se rendaient encore dans les formations sanitaires. Entre 2019 et 2020, les chiffres de la non fréquentation des hôpitaux sont alarmants. « La couverture vaccinale entre 2019 et 2020 sont à la baisse. En ce moment, la tendance est à la reprise mais elle est timide et quand les enfants ne sont pas vaccinés, c’est la porte ouverte aux infections et maladies », précise le Dr. Brice Edzoa. Selon le ministère de la Santé Publique, le Cameroun compte 6.730.751 enfants à dénombrer et vacciner contre la poliomyélite. La région de l’Extrême-Nord vient en tête avec 1.615.340 enfants, ensuite arrive le Centre avec 1.227.457 gamins. Le Nord est en 3ième position avec 9 24. 573, le Littoral 636.615, l’Ouest 547.083, l’Adamaoua 423.023, le Nord-Ouest 418.896, l’Est 385.814 enfants, le Sud-Ouest 378.740. La région du Sud referme la porte avec 173.210 garnements à dénombrer et à vacciner.

Le vaccin, seule arme

Depuis le 18 juin 2020, le Cameroun fait partie des pays qui dans le monde sont déclarés libres de poliovirus sauvage. Toutefois, dans certaines régions du pays, les risques de retour des épidémies de la poliomyélite persistent encore. « Tant qu’il y’aura un cas de poliovirus sauvage dans le monde nous allons faire des campagnes », explique le coordonnateur régional du groupe technique régional du Programme Elargi de Vaccination du Centre.

Maladie incurable, la poliomyélite est une maladie très contagieuse qui est transmise par la consommation d’eau ou d’aliments souillés. Elle attaque les membres et les paralyse pour toute la vie. Pour vaincre totalement le poliovirus, il est important de renforcer la protection des enfants. C’est le but des deux tours de campagne locale de vaccination contre la poliomyélite organisée du 18 au 20 septembre et du 9 au 11 Octobre 2020 dans les régions de l’Adamaoua, du Centre, de l’Est, du Littoral, du Nord et dans 25 Districts de Santé dans la région de l’Extrême-Nord. Selon l’analyse de risque polio, les agents de santé cibleront les enfants de 0 à 5 ans y compris les réfugiés.

Armelle Sitchoma

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