Drame : Une négligence médicale tue un triplé de 3 mois à Yaoundé 

Drame : Une négligence médicale tue un triplé de 3 mois à Yaoundé 

 La famille de cet enfant décédé à l’hôpital de district de Biyem-Assi, dit avoir été oubliée malgré l’enquête annoncée par le ministre de la Santé publique Drame triplé 3 mois.

L’annonce de l’arrivée prochaine de trois nouveau-nés dans la famille n’avait pas totalement réjoui les parents en mai 2021. « Lorsque l’échographie a révélé que ma femme attendait des triplés, j’étais content, mais aussi inquiet à cause de ma situation financière précaire », se souvient le papa.

Serges Sylvain Ngohmnang, 41 ans, est vendeur ambulant de glaces à Yaoundé. Suzanne Aband, âgée de 36 ans, sa compagne depuis 18 ans, garde leurs quatre premiers enfants. Le foyer survit grâce aux revenus de l’homme qui, au meilleur des jours, ramène 3 000 F.Cfa.

Appelés à devenir parents une nouvelle fois, ils étaient loin d’imaginer le cauchemar dans lequel ils sont encore plongés aujourd’hui. Les problèmes commencent au cinquième mois de la grossesse. Pour deux mois de loyers impayés, la famille est expulsée du studio qu’elle occupe depuis 12 ans Drame triplé 3 mois. Elle va squatter une habitation abandonnée dans un bas-fond à cause des inondations.

Drame triplé 3 mois La famille de cet enfant décédé à l’hôpital de district de Biyem-Assi

Suzanne a effectué ses visites prénatales dans une formation sanitaire privée confessionnelle au quartier Etoug-Ebe. Même si aucun problème n’est signalé, il est arrêté qu’elle n’accouche pas ici Drame triplé 3 mois. Les triplés (le garçon et ses deux sœurs) arrivent finalement au monde de manière prématurée le 1er février 2022 à la maternité de l’hôpital de district de Biyem-Assi dans le 6e arrondissement de Yaoundé.

Les bébés passent 18 jours dans une couveuse avant d’être autorisés à quitter la formation hospitalière publique. Le séjour a été pénible pour les parents qui, en quelques jours, ont épuisé les 200 000 F.Cfa à leur disposition Drame triplé 3 mois. A l’hôpital, la mère et les enfants ont bénéficié de la générosité de plusieurs inconnus et d’un effacement de 50 000 F.Cfa sur l’ardoise à payer.

Sortie de l’hôpital, Suzanne s’installe avec ses bébés chez sa tante Madeleine toujours à Biyem-Assi. Mais au bout de trois semaines, les nouveau-nés tombent malades et sont ramenés à l’hôpital de district de Biyem-Assi.

Les parents se plaignent de la cherté du lait artificiel consommé par leurs enfants. La boite coûte 4 200 F.Cfa. Une infirmière leur conseille un autre lait moins cher Drame triplé 3 mois. Après l’hospitalisation, le nouveau lait provoque la diarrhée chez les bébés qui retournent à l’hôpital au mois d’avril et sont à nouveau admis en néonatologie. « La pédiatre nous a reproché d’avoir changé le lait des enfants, expliquant qu’une infirmière n’était pas qualifiée pour ce type de prescription », se souvient le père.

Perfusion

Le drame se produit durant ce troisième séjour à l’hôpital de district de Biyem-Assi. Selon le récit des parents et de plusieurs membres de l’équipe médicale, une infirmière a oublié un garrot au bras gauche du garçon de 2 mois. La soignante avait prévu de placer une perfusion sur ce membre du bébé, mais elle a finalement trouvé la veine à la tête.

Le garrot, caché sous le vêtement du bébé, est oublié vers 15h, et découvert puis enlevé à 8h le lendemain. « L’enfant avait beaucoup pleuré durant la nuit ; ce qui m’avait inquiétée. Mais j’avais un accès limité à la salle d’hospitalisation et je ne pouvais pas imaginer une négligence aussi grave », tempête la mère des semaines plus tard.

Le 13 avril, l’enfant est agonisant, avec un bras ayant pris des proportions inquiétantes de l’aveu même du staff médical. Les vidéos datant de l’époque montrent un nouveau-né gémissant.

Drame triplé 3 mois oubliée malgré l’enquête

Informé de la situation, le directeur de l’hôpital, le chirurgien Daniel Ekoua, convainc les parents de faire amputer le bras malade. « Mais le directeur m’a supplié et a promis de prendre tout en charge, même lorsque l’enfant grandira », se souvient Serges Sylvain. Mais, alors qu’il vient d’accepter l’amputation, la mauvaise nouvelle tombe : le bébé a rendu l’âme.

Les parents disent avoir été surpris de voir le directeur quitter l’hôpital à un moment aussi critique. Ils ont alors fait appel à Me Rose Ngo Mboua, avocate au barreau du Cameroun. « Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, le directeur était absent. Informé de ma présence, il est revenu », affirme-t-elle.

Au terme des tractions, le directeur verse 150 000 F.Cfa pour les obsèques du bébé. De retour du village, Serges Sylvain constate que sa compagne est retenue à l’hôpital qui exige le payement des factures accumulées. « Je suis allé voir le directeur qui m’a dit que cette affaire ne le concerne plus », indique le père. Le couple refuse de se soumettre et menace. La mère et les deux bébés rescapés sont finalement autorisés à sortir.

 

Drame triplé 3 mois

 

Minsanté

A ce jour, la famille dit n’avoir jamais été approchée ni par l’hôpital de district de Biyem-Assi, ni par le ministère de la Santé publique, encore moins par la Justice camerounaise. Pourtant, de source sure, le directeur de l’hôpital avait reçu un appel téléphonique d’une autorité d’un tribunal de Yaoundé à propos de cette affaire qui faisait déjà l’objet d’une controverse sur les réseaux sociaux.

Dans un tweet le 15 avril, le ministre de la Santé publique (Minsnaté), Manaouda Malachie, a déclaré : « Les réseaux sociaux font écho d’un incident survenu cette semaine à l’hôpital de Biyem-Assi. La victime est âgée de 3 mois. J’ai instruit mes services compétents de faire toute la lumière sur cette affaire. Nous tirerons les conséquences. J’exprime toute ma proximité à la famille Drame triplé 3 mois. »

Une mission d’enquête du Minsanté a séjourné à l’hôpital de district de Biyem Assi. Les parents du bébé décédé disent n’avoir jamais été approchées.

Drame triplé 3 mois Une négligence médicale tue un triplé

Les démarches menées pour connaître les conclusions de la mission d’enquête ont été infructueuses. Le ministre Manaouda Malachie n’a jamais répondu aux questions à lui adressées via son compte Twitter depuis le 13 juin. Le courrier déposé dans ses services le 20 juin est resté lettre morte.

Saisi, le chef de la cellule de la communication du Minsanté, Clavère Nken, n’a pas pu convaincre le directeur de l’hôpital à parler. Rencontré, le Dr Daniel Ekoua confesse la négligence de l’infirmière Drame triplé 3 mois. Mais il soutient que le bébé était condamné à mourir car, souffrant d’une infection grave au même titre que ses deux sœurs.

Pourtant, les parents affirment que les bébés se portent bien et n’ont plus été à l’hôpital pour le moindre mal. « Elles se trouvent actuellement à Bamenda avec leur mère », déclare le père Drame triplé 3 mois. La thèse du sort scellé du bébé est battue en brèche par Me Ngo Mboua. « Nul n’est Dieu pour dire qu’un être humain est condamné à mourir. Il y a une évidence : ce beau garçon n’a pas été tué par une quelconque infection ; il est mort à la suite d’une négligence médicale », conclut l’avocateDrame triplé 3 mois.

Assongmo Necdem

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