Ressources naturelles : l’Afrique peine à prendre la main sur l’exploitation de ses richesses

Le continent détient près d’un tiers des réserves minérales mondiales et plus de 60 minerais différents. Pourtant, l’exploitation de ces richesses reste largement dominée par des entreprises étrangères, faute de financements, de capacités techniques et d’investissements locaux. Réunis à Douala, des experts ont réfléchi aux moyens de renforcer le contrôle africain sur ses ressources naturelles.

L’Afrique regorge de ressources minérales stratégiques, mais leur exploitation demeure principalement assurée par des opérateurs étrangers. En cause, le déficit de capitaux nationaux et de capacités technologiques nécessaires au développement des grands projets miniers. « Nous sommes partis du constat que nos États veulent tous venir au secours du produit une fois qu’il est exploité, mais personne ne veut investir au départ. La conséquence, c’est que l’on laisse cette responsabilité aux entreprises et aux bailleurs de fonds étrangers», précise Pr. Étienne Atangana, expert en droit des énergies.

C’est dans cette perspective que l’Institut des matières premières du Cameroun a organisé, du 24 au 26 juin 2026 à Douala, la 2e édition du forum africain de droit des ressources naturelles, réunissant des participants venus du Cameroun, du Congo, du Gabon et du Tchad.   Placé sur le thème, « Titres miniers : garanties et instruments de financement des opérations minières?» Cette rencontre avait pour objectif d’améliorer la compréhension des mécanismes de financement du secteur minier. Selon Germain R. Salla, président fondateur de l’Institut des matières premières, ce forum constitue: « une opportunité de mieux comprendre les enjeux liés à la mise en garantie des titres miniers, tout en permettant aux milieux financiers d’explorer de nouvelles perspectives offertes par l’activité minière et aux acteurs du secteur de trouver des solutions aux difficultés de financement.»

Pour Sanda Oumarou, expert financier et ancien ministre du Cameroun, le principal obstacle reste l’absence de capacités de financement locales. « Comme la plupart des pays africains, le Cameroun possède d’importantes ressources minières, mais n’est pas véritablement responsable de leur exploitation. Pour le moment, nous sommes davantage un pays récepteur de financements qu’un émetteur de financements », souligne-t-il. Il rappelle que l’industrie minière est extrêmement capitalistique et nécessite des investissements considérables pour développer des projets conformes aux standards internationaux.

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Du côté des pouvoirs publics, l’objectif est désormais de renforcer la participation des investisseurs nationaux. Selon Clotaire Kouakep Nzengang, sous-directeur des activités minières au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique,(Minmidt), les projets miniers exigent des investissements importants qui restent encore difficiles à mobiliser au niveau national.« Nous travaillons à mettre en place une meilleure structuration nationale afin d’accompagner les investisseurs camerounais porteurs de projets. L’objectif est de favoriser progressivement une plus grande nationalisation de certaines exploitations, d’accroître les revenus de l’État et de renforcer le contenu local », affirme-t-il.

Hyacinthe TEINTANGUE

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