Variole du singe : 11 cas confirmés dans le Sud

21 cas suspects et 321 personnes sous observation à Kribi et Niete. Le ministre Manaouda Malachie rassure et appelle à une mobilisation générale.

Détecté il y a quelques mois sur un cas contact d’une dame de 29 ans ayant séjourné à Douala, le virus de la Mpox poursuit sa progression sur le territoire camerounais. Après les régions du Centre, du Littoral, de l’Est, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest déclarées depuis 2022, c’est au tour de la région du Sud d’enregistrer ses premiers cas, après celle de l’Ouest début 2026.

A date, selon le Système de gestion de l’information (Sgi) du ministère de la Santé publique, la région compte 3 districts en épidémie avec 21 cas suspects recensés depuis le 10 mai. Sur le lot, 11 ont été confirmés par un laboratoire agréé et 9 cas restent actifs sous suivi médical. Par ailleurs, 321 personnes ont été placées sous observation, dont 79 contacts directs et 242 contacts indirects. Le taux de positivité tourne autour de 52%.


Face à cette nouvelle extension, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, a effectué une descente d’urgence le 31 juillet 2026 dans les zones touchées. Objectif : évaluer la riposte sur le terrain et rassurer les populations. Sur place, il a présidé des réunions de crise avec les autorités administratives locales et les personnels soignants. Il a appelé à une « mobilisation générale » et à une « recherche active » des cas dans les communautés et les formations sanitaires, tout en rappelant que le Cameroun a déjà reçu 10 000 doses de vaccins.

Pour le Dr Jean Jacques Nkoetse, médecin de santé publique, plusieurs hypothèses peuvent expliquer la répétition des notifications dans ces localités notamment la ville de Kribi. « Kribi est une ville portuaire et touristique qui connaît d’importants mouvements de population : touristes, travailleurs, transporteurs. Cela augmente les occasions de contacts rapprochés favorisant la transmission. Les échanges avec d’autres régions du Cameroun et avec les pays voisins peuvent aussi favoriser l’introduction répétée du virus », explique-t-il.

Le spécialiste ajoute que le renforcement de la surveillance épidémiologique et du dépistage dans cette zone peut également conduire à détecter davantage de cas qu’ailleurs. « La présence de cas à plusieurs reprises ne signifie pas nécessairement que la transmission est plus intense qu’ailleurs. Cela peut aussi refléter une meilleure capacité de détection. A ce stade, aucune donnée officielle ne permet d’affirmer que Kribi constitue l’épicentre national de l’épidémie », précise le Dr Nkoetse. Pour lui, cette extension géographique justifie une vigilance accrue, mais pas un alarmisme.

7 régions touchées, aucun décès

Le fait que sept régions ont déjà notifié des cas montre que le virus circule dans plusieurs parties du pays et que la surveillance doit être renforcée. Au 2 avril 2026, le Système de gestion de l’incident recensait déjà 207 cas suspects et 37 cas confirmés dans 59 districts de santé. Aucun décès n’a cependant encore été enregistré à ce jour. Un élément que le Dr Nkoetse juge rassurant. « Cela peut traduire une détection précoce des cas, une bonne prise en charge clinique et des mesures de santé publique efficaces ».

Il rappelle toutefois que la Mpox peut entraîner des formes graves chez certaines personnes, notamment les enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. D’où l’importance, selon lui, de maintenir les mesures de surveillance, l’isolement des cas, la recherche des contacts et la sensibilisation de la population.

« La Mpox est endémique au Cameroun depuis les années 1970. On est dans une phase d’alerte, mais pas dans une situation incontrôlée », abondait déjà le Dr Paul Tassé lors de l’annonce des cas dans d’autres régions.

Désiré Domo

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