Agriculture : Environ 660 tonnes de manioc en péril à Gadji

Agriculture : Environ 660 tonnes de manioc en péril à Gadji

Agriculture de manioc Les producteurs de cette localité de la région de l’Est ont été incités par les grands consommateurs à cultiver à grande échelle. Malheureusement, l’achat de leurs produits ne suit pas.

Vincent de Paul Matoung, père d’une famille de 10 personnes à Gadji, localité de l’arrondissement de Batouri dans le département de la Kadey à l’Est, vit essentiellement de la culture du manioc. « Chaque année je me bats pour cultiver 1 hectare. Mais depuis plus de 2 ans je me suis engagé à augmenter ma production sur une superficie d’un hectare et demi. Malheureusement il n’y pas le marché », déclare cet agriculteur de Gadji, village situé à environ 45 kilomètres en provenance de Bertoua.

Pour s’occuper de sa famille, Vincent est obligé de transformer son manioc en cossette et en farine de façon artisanale, qu’il commercialise à domicile.  « Malgré la superficie d’un hectare et demi que j’ai cultivé, il est difficile d’avoir un revenu mensuel de 100.000 F Cfa, or j’avais l’espoir que les grands Agriculture de maniocconsommateurs devraient venir acheter directement dans le champ », regrette-t-il.

Agriculture de manioc Les producteurs de cette localité de la région de l’Est

Comme lui, tous les 26 membres de l’antenne Gadji de la Coopérative des producteurs de manioc de Batouri créée en 2014 ont augmenté leur production dans l’espoir de vendre aux grands consommateurs constitués des boulangers, les producteurs des produits alimentaires et brassicoles. Malheureusement pour ces producteurs, aucune commande n’a été passée. « On attendait ces grands consommateurs mais jusqu’là ils ne viennent pas », s’indigne le secrétaire de ce regroupement à Gadji.

les grands consommateurs à cultiver à grande échelle

Il précise que « 1 hectare de manioc peut produire 16 à 25 tonnes selon la variété. En 2021, environ 33 hectares ont été mis en valeur par l’ensemble des membres de la coopérative. Ce qui donne une production estimée à environ 660 tonnes. En 2022, environ 25 hectares ont été cultivés pendant la première campagne et les producteurs se mobilisent pour la deuxième campagne ».

 

 

En effet, la culture de manioc est presqu’une tradition depuis la création du village Gadji en 1916 selon le chef du village sa majesté Joseph Massa. Pour faciliter la tâche aux producteurs, la Coopérative des producteurs de manioc a offert deux tracteurs pour le pôle de Gadji. Cependant les producteurs de cette localité sont toujours confrontés à plusieurs problèmes au rang desquels, l’absence d’un marché sûr, les coûtsAgriculture de manioc élevés liés au défrichage, labour, désherbage, transport (certains champs étant situés à plus de 2 km de Gadji centre) et les conflits agropastoraux.

Sébastian Chi Elvido à l’Est

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