Baccalauréat général : L’Extrême-Nord dernier au classement depuis 2015
Source- OBC_DataViz by ADISI-cameroun

Les données des 5 dernières années montrent que cette région occupe la dernière place au classement national du Baccalauréat de l’enseignement général secondaire, pendant que le Nord-Ouest, malgré la crise se maintient à la première place.

Des élèves insoucieux, des enseignants livrés à eux-mêmes, des infrastructures inadéquates et des documents didactiques insuffisants, sont quelques difficultés auxquels font face les enseignants de l’Extrême-Nord du Cameroun, comme l’explique l’un d’entre eux joint au téléphone, qui a requis l’anonymat.

A en croire cet enseignant, plusieurs raisons expliquent la médiocrité des résultats de cette région en proie aux attaques incessantes de la sectes islamique Boko-Haram. « Les raisons sont multiples, même si certains refusent de l’accepter. La première, c’est l’éducation de base qui est prise à la légère », indique-t-il. Seulement, les élèves ne sont pas les seules victimes. « Nous avons des collègues qui ont du mal à s’exprimer en français », souligne la source.

D’après les « statistiques comparatives des résultats de l’examen Baccalauréat de l’enseignement général secondaire (ESG) des sessions 2020 et 2019 », l’Extrême-Nord occupe la 10e place en 2020 avec un taux de réussite de 27,82%, soit 3 443 admis sur les 12 377 présents, contre 45,82% en 2019. Soit une baisse de 18% par rapport à l’année précédente. « Pour cette année, je pense que c’est la Covid-19 qui nous a encore enfoncé. Les élèves se sont dit que les épreuves allaient être faciles », déclare la source. Pourtant, l’Extrême-Nord occupe depuis 2015, le dernier rang du classement. « Si les élèves travaillent mal, ça veut dire qu’ils sont mal encadrés », souligne Emmanuel Ngouaba, ex-inspecteur pédagogique national des mathématiques.

Source-OBC_DataViz by ADISI-Cameroun

Les statistiques des 5 dernières années révèlent en effet que les trois régions septentrionales (l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua) occupent les derniers rangs au niveau national et pour cause, « les infrastructures sont dérisoires, il n’y a pas beaucoup d’enseignants qualifiés, ils n’ont pas beaucoup de diplômés », liste Emmanuel Ngouaba. Une situation qui est quasiment la même à l’Est, 8e au classement en 2020.

Nord-Ouest
La région du Nord-Ouest par contre, bien qu’en crise sécuritaire, domine régulièrement le classement. Elle est la première en 2015, 2019 et 2020. Tout au long de cette période (2015-2020), elle a été la moins productive en 2017 où elle a occupé le 6e rang, soit un an après le début de la crise dite anglophone. Selon Emmanuel Ngouaba, cette récurrente prééminence pourrait s’expliquer par le fait que les effectifs d’examens francophones sont réduits et qu’il s’agit d’une zone où l’éducation est beaucoup prise au sérieux. « Si les résultats sont bons, c’est que les élèves ont été bien encadrés. Il y a plus de discipline, les parents sont présents, il y a peu d’élèves inscrits aux examens francophones », explique cet ancien inspecteur pédagogique. L’autre région anglophone, le Sud-Ouest, occupe la 3e place en 2020.
Cependant, les régions du Centre (5e) et du Littoral (2e) qui selon lui, devraient être en pole position au regard de la qualification des enseignants et de la qualité des infrastructures, viennent après le Nord-Ouest. Une conséquence à en croire Emmanuel Ngouaba, du « laxisme dans les lycées, de l’absence de professionnalisme, des contraintes professionnelles des parents, etc. »

Michèle EBONGUE

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