Chan 2020 : A Douala, les mauvais résultats des opérateurs économiques
Une vue de l'hotel Bano Palace

Déçus, les hôtels, les restaurants et les automobilistes qui espéraient voir augmenter leurs chiffres d’affaires durant le Championnat d’Afrique des Nations mettent désormais leur espoir sur la Coupe d’Afrique des Nations prévue en 2022.

Aucune affiche, bref plus rien reliant l’hôtel Bano Palace au Championnat d’Afrique des Nations (Chan) 2020 n’y est plus perceptible. Pourtant il y a quelques jours, apprend-t-on, le hall de l’hôtel ainsi que les couloirs de chambres étaient bondés d’images de Tara, la mascotte de la compétition.

En plus d’avoir modifié sa décoration, l’hôtel a, pour cet événement, rénové certains de ses espaces et organisé des formations et séminaires dans le but d’améliorer sa capacité d’accueil. Seulement, ces efforts consentis ont été au-dessus des résultats escomptés, car des deux délégations attendues, quelques journalistes seulement y ont séjournés. « Nous devrions accueillir 2 délégations à savoir les arbitres et les journalistes étrangers, mais seuls les journalistes (environ 10 Ndlr) de Rfi qui venaient par vague ont séjournés chez nous », révèle une source à l’hôtel Bano Palace.

L’hôtel Lewat qui s’attendait lui aussi à faire plus de bénéfices malgré la crise sanitaire actuelle, est déçu des retombées économiques de cette compétition. « Le Chan ne nous a pas permis d’augmenter notre chiffre d’affaires. Ce n’était pas un moment fort, surtout qu’on est aussi dans une période de crise sanitaire où le secteur de l’hôtellerie est fortement touché », indique Leonel Mbanga Nya, directeur d’exploitation à l’hôtel Lewat. L’établissement hôtelier qui a accueillis environ 15 nouveaux clients durant la compétition s’attendait à être saturé ou à voir ses 50 chambres occupées. Mais, il n’a pas eu d’autres choix que de se contenter de la délégation qui l’a sollicité. Les espoirs sont désormais portés sur la Coupe d’Afrique des Nation (Can), prévue en 2022.

Les autres secteurs

Le constat est quasi le même chez les restaurateurs qui pour certains, espéraient faire le double de leurs commandes habituelles. « La clientèle était la même, rien n’a changé », confie un employé de Diamant Restaurant. Chez « Marguerite », un restaurant également spécialisé dans le service traiteur, c’était le service minimal, laissent entendre certains employés. Pas vraiment de différence avec les jours ordinaires, à quelques exceptions près. « Nous avons eu 3 étrangers qui, logés à côté, venaient manger 3 fois par semaine, précisément à midi et le soir », révèle Cyrille Eboa. A en croire cet employé, le restaurant qui s’attendait à faire environ 100 plats par jour, en a compté de justesse environ 20 durant le Chan.

Selon certains automobilistes, au lieu d’augmenter leur recette journalière, le Chan a plutôt ralenti leur travail. « Le Chan ne nous a pas laissé travailler. Avant je rentrais avec au moins 10 000F Cfa par jour, mais lorsque la compétition a démarré, je me suis retrouvée avec 6 000, voire 5 000F Cfa la journée. Lorsque la route était bloquée, j’étais obligée de faire descendre le client, même avant d’arriver à destination, réduisant parfois de moitié le tarif convenu », explique Ousseni, conducteur de mototaxi.

Pour accroître ses revenus, Bidias Sadzeu en plus d’éviter les quartiers qui abritaient les rencontres, a revu ses tarifs à la hausse. « Les distances qui coutaient 800 F Cfa, sont passés à 1 000 F Cfa. Ceux qui étaient pressés n’avaient pas d’autres choix que d’accepter le nouveau tarif », raconte le mototaximan. La situation était quasi la même chez les chauffeurs de taxi qui ont également dû changer de zone de travail. « Je n’avais plus vraiment de lieu de stationnement, je travaillais partout où le besoin se présentais », souligne Albert B.

Michèle EBONGUE

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