Covid-19 : 47,17% de chrétiens contre les restrictions de la liberté religieuse
Source et DataViz : ADISI-Cameroun

47,17 % contre 52,64 % de croyants chrétiens n’apprécient pas les restrictions de la liberté religieuse liées au respect des mesures gouvernementales anti Covid-19, d’après le rapport d’enquête d’ADISI-Cameroun, présenté mardi 16 février 2021 à Douala.

Pour limiter la propagation de la maladie à Coronavirus (Covid-19) sur le territoire camerounais, le gouvernement a instauré un certain nombre de mesures, en plus de celles prescrites par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Bien que nécessaire en cette période de crise sanitaire qui paralyse le monde entier, avec plus de 30 mille cas positifs enregistrés au pays, certaines de ces restrictions ont impacté les libertés publiques déjà menacées et atteinte par la force publique au Cameroun.  C’est du moins ce qui ressort du rapport d’enquête de l’Association pour le Développement Intégré et la Solidarité Interactive (ADISI-Cameroun) sur l’« Impact des mesures gouvernementales de lutte contre la covid-19 sur les libertés publiques au Cameroun ».

Source et DataViz : ADISI-Cameroun

D’après le Dr Aristide Mono, spécialiste des politiques publiques et de la sociologie des crises consultant chez ADISI-Cameroun ayant conduit ladite étude, présentée mardi 16 février 2021 à Douala au cours d’une conférence de presse, elle a permis d’évaluer l’impact réel de ces mesures sur la liberté d’accès à l’information et de presse, la liberté de religion, et la liberté de réunion et manifestation. « Ce Rapport est le fruit des données de terrain analysées de manière rigoureuse, pour garantir l’objectivité optimale des résultats. Des enquêtes ont été menées dans des régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest, jugées assez représentatives, pour répertorier les effets des exigences de lutte contre cette pandémie telles que définies par le gouvernement sur l’impérieux respect des libertés publiques », a souligné Dr Aristide Mono, l’expert qui a conduit le groupe d’enquêteurs.

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Musulmans

Il ressort de ce rapport, que les mesures arrêtées par l’État, ont impacté considérablement autant sur la liberté d’accès à l’information et de presse, la liberté de réunion et manifestation que de la liberté de religion. Sur l’aspect religieux, le sondage d’opinion réalisé auprès de 401 croyants chrétiens, toutes tendances confondues, montre qu’un nombre non négligeable de fidèles affirment n’avoir pas été favorables à cette limitation des libertés religieuses. « Seulement, il est à préciser qu’il ne s’agit pas des entraves à la liberté d’exprimer ses convictions religieuses, mais à celle de les manifester dans les lieux de culte ou de prière, qui sont les espaces par excellence de manifestation de la liberté de religion », explique Dr Aristide Mono.

Statistiquement, 47,17 % d’avis de croyants chrétiens sont défavorables, contre 52,64 % d’avis favorables à l’application des restrictions de la liberté religieuse liées au respect des mesures gouvernementales anti Covid-19. « Un chiffre certes minoritaire, mais tout de même révélateur de la masse importante de croyants chrétiens ayant accepté d’observer, malgré eux, les mesures gouvernementales de lutte contre le Coronavirus. Seulement les proportions d’avis défavorables varient selon les confessions religieuses », souligne-t-il.

Chez les musulmans, 52,45% affirment ne pas être d’accord avec ces restrictions, qui ont bouleversé leurs pratiques religieuses. Malgré la différence de chiffres entre chrétiens et musulmans, relève cette enquête, différence qui peut trouver son explication dans le caractère un peu plus libéral des églises chrétiennes, et donc plus enclines à faire des concessions sur leurs pratiques religieuses, il reste que de part et d’autre, les taux de dépréciation de ces mesures demeurent assez élevés et permettent à cet effet de conclure à une atteinte importante aux libertés religieuses du point de vue collectif ou individuel.

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Ladite enquête s’inscrit dans le cadre du projet « Accès à l’information en période de Covid-19 » avec le soutien de free Press Unlimited et son bailleurs l’Union Européenne.

Marie Louise MAMGUE

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