Excision :  Le Cameroun a enregistré une prévalence de 1.4% en 2016
une lame entre les mains

L’Extrême-nord, le Sud-Ouest et les grandes villes telles que Yaoundé et Douala sont les zones où l’on pratique le plus les mutilations d’organes génitales féminines.

Des infections des voies génitales, des lésions des organes voisins, des risques de transmission du Vih-Sida, des incontinences urinaires, l’infertilité, le traumatisme psychologique et la mort sont quelques conséquences des mutilations génitales féminines (Mgf). Ce phénomène qui existe depuis plusieurs années est, selon le ministère de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff), encré dans certaines cultures des régions du Cameroun.

À en croire Isabelle Lafortune Makota, Délégué régionale du Minproff pour le Littoral, ces pratiques sont réalisées pour la plupart, dans les régions reculées, et parfois dans celles les plus développées du pays. « Les régions dans lesquelles se pratiquent le plus ces mutilations sont l’Extrême-Nord, le Sud-Ouest et les grandes villes telles que Yaoundé et Douala. Parce que les populations de ces régions migrent vers les grandes agglomérations », a-t-elle expliquée le vendredi 5 février 2021 en prélude à la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines qui se tient chaque 6 février.

A en croire le Minproff, le phénomène de mutilations génitales féminines reste caché dans les familles, et les victimes n’en parlent pas. Pourtant, les pratiquants de ces actes sont connus dans les communautés. Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement a mis en place plusieurs programmes de sensibilisation et de formation. « Les exciseuses sont formées à d’autres métiers. Ce travail était rémunéré pour elles, il fallait trouver un palliatif en les formant à d’autres activités, et c’est ce qui a été fait par le Minproff », a souligné Isabelle Lafortune Makota.

En plus des exciseuses, le gouvernement a également formé des comités locaux dans les zones hôtes à savoir les chefs traditionnels et les chefs religieux. « Il y a bien sûr le code pénal, il y a des lois qui sont mises en œuvre pour traquer et dénoncer les auteurs de telles pratiques », a déclaré la Déléguée régionale du Minproff pour le Littoral.

Malgré ces actions, l’Unicef et le Fonds des Nations-Unis pour la population (Unfpa) ont avoué que 2 millions de cas supplémentaires de mutilations génitales féminines pourraient se produire au cours de la prochaine décennie en plus des 4 millions déjà à risque chaque année. La Covid-19 qui oblige les écoles à fermer et perturbe les programmes qui contribuent à protéger les filles contre ces pratiques néfastes sont les raisons évoquées. « Nous devons agir maintenant pour empêcher que cela ne se produise », ont-elles déclarées.

Selon le rapport de recherche des Dynamiques et normes sociales liées aux mutilations génitales féminines dans le Mandoul (l’une des 22 régions du Tchad) publié en mai 2020), les prévalences s’échelonnent entre 1,4 % au Cameroun, soit 20% en zone rurale, a indiqué Alexis Medi, président de la fondation Pafa (Promotion et assistance de la femme africaine). En 2016, l’Unicef estimait à 200 millions le nombre de filles et de femmes excisées dans le monde. Au niveau mondial, la prévalence des Mgf parmi les filles de 15 à 19 ans a globalement diminué de 51 % à 37 % entre 1985 et 2016, a souligné l’Unicef.

Michèle EBONGUE

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