Charbon : La production en hausse de 881,2 tonnes à l’Est
les charbons diposés pour la vente

La région de l’Est est passé de 2576,8 tonnes en 2018 à 3458 tonnes en 2019. Les charbonniers de cette région sont déterminés à booster cette filière mal connue de l’industrie camerounaise.

Considérée au départ comme une activité embryonnaire, la production du charbon issu des rebuts de bois occupe désormais une place de choix dans l’économie de la région de l’Est Cameroun. Les sites de productions les plus importants sont ceux d’Abong-Doum, village situé non loin d’Abong-Mbang, Batouri, Libongo, Lomié, Mempoe, Mindourou et Ndeng par Yokadouma. « De janvier à septembre 2019 nous avons produits 86.466 sacs de charbon. Soit 3.458 tonnes pour une moyenne mensuelle de 9607 sacs. Soit au total 384,29 tonnes pour un chiffre d’affaire 190.225.200 F CFA », confie Luther Martin Minko, président du Réseau des charbonniers des concessions forestières de l’Est (Rechacofest). Il précise par ailleurs qu’« en 2018 la production du charbon se situait à 2576 tonnes (74,5%). Nous avons produit 64.420 sacs de charbon pour un chiffre d’affaire de 141.724.000 F CFA ».

Comparé à la production de 2019, il y a une évolution positive de 881,2 tonnes. Avec un objectif de production visé de 10 mille tonnes par an dans les années avenirs, les charbonniers de l’Est sont déterminés à booster cette filière mal connue de l’industrie. A entendre les différents acteurs de la filière, la commercialisation a également connu un léger mieux. « Les marchés de Douala et Yaoundé constituent les principales destinations du charbon produit dans cette région. Ces deux villes absorbent 72% du charbon issu des rebuts de bois provenant de l’Est. 28% est vendu à des clients particuliers et convoyé vers la partie septentrionale du pays », affirme Paul Tsoung, un charbonnier de la région.

Pour optimiser leur production et bien conduire leur activité, les producteurs de charbon de l’Est se sont regroupés au sein d’une entité juridique, le Groupement d’intérêt économique (le C4B-Mandjou GIE). C’est la Centrale de collecte et de commercialisation du charbon de bois de l’Est. Elle est située au parc à camion de Mandjou, à l’entrée nord de la ville de Bertoua. Cette centrale de collecte est composée de l’ensemble des charbonniers et des regroupements et associations de charbonniers membres du Rechacofest.

Le gestionnaire est en poste depuis le 15 juillet 2019 et le C4B-Mandjou GIE compte déjà 26 adhérents. « 5 opérations d’achat de charbon aux charbonniers ont été réalisées pour 1700 sacs. Environ 1250 sacs de charbon ont déjà été achetés par les consommateurs, et trois autres commandes de 1350 sacs sont en attente de livraison. Les recettes enregistrées sont de 5.049.400 F CFA. 651 sacs sont sur le marché, et les recettes potentielles attendues sont de 3.412.000 F CFA, pour un total des recettes de 8.561.400 F CFA », explique Irénée Modeste Bidima, chef d’antenne SAID-Bertoua et chef du projet C4B-Mandjou GIE.

Récupérer la biomasse

Pour Georges Amougou Ondoua, délégué régional des Forêts et de la faune, « l’Est est le berceau des forêts du Cameroun. Quand on regarde les rebuts de bois qui reste en forêt dans les chantiers et ceux qui restent dans les unités de transformations, on se rend bien compte qu’on exploite à peine 30 à 35% du volume de l’arbre sur pied. A quoi ça sert donc de regarder ce qui concerne seulement les 35% et de mettre de côté les 65% ? Nous pensons que si nous voulons valoriser l’arbre, il faut s’occuper avec sérieux de ces 65% que nous considérons comme étant des rebuts ». Il précise que dans le cadre du Plan d’industrialisation du secteur bois au Cameroun, le gouvernement a prévu une rubrique de valorisation des rebuts, et au cœur de laquelle la production du charbon reste importante. « Non seulement parce qu’elle nous permet de récupérer une grande partie de la biomasse qui est perdu à 65%, mais aussi parce qu’en regardant vers le grand Nord, on se rend compte que cette partie du pays est menacée de désertification. Et on se rend compte que le principal motif de la destruction des forêts dans cette partie septentrionale, c’est la recherche du bois de feu ». C’est donc pour calmer cette ardeur que les gens ont sur les forêts, que la région de l’Est s’active à produire en quantité le charbon issu des rebuts de bois qui existent à foison. La production du charbon à l’Est trouve donc, toute sa valeur dans la valorisation de la filière et l’approvisionnement du grand-Nord.

Tracasseries routières

Dans cette région, beaucoup d’efforts sont entrepris par le gouvernement à travers le Ministère des Forêts et de la faune, avec l’appui technique, logistique et financier de la coopération Allemande, notamment la Giz qui a déjà former 330 producteurs de charbon dans la région. Malheureusement, ces derniers restent confrontés aux tracasseries de toutes sortes dans les postes de contrôle malgré la présentation des documents sécurisés de transport. Le Gouverneur de l’Est, Grégoire Mvongo qui suit de près l’évolution de cette filière a interdit depuis le 4 avril 2019 toute forme de tracasserie dans les postes de contrôle routier. « Quand vous allez dans les zones de production du charbon, vous trouvez le père, la mère et les enfants dans la fumée ça fait pitié. C’est parce qu’ils ont choisi de souffrir pour ne pas aller mendier, pour ne pas aller voler, mais pour survivre. Il est donc question d’encadrer et encourager cette classe sociale courageuse. C’est pour cette raison qu’il faut lutter avec la dernière énergie contre ces tracasseries » soutien Georges Amougou Ondoua.

Ange-Gabriel OLINGA BENG à Bertoua

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