En plus de cette demande, rapporte l’enquête d’ONUFEMMES-BUCREP (2020), 57,6% de Camerounais proposent également la suspension du paiement des factures d’eau et d’électricité et 54,3%, la distribution gratuite des kits de protection.

Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, les mesures prises par le gouvernement, ont eu des répercussions économiques et sociales sur les populations. Dans l’enquête d’évaluation rapide sur l’impact de la Covid-19 sur les conditions de vie des femmes et des hommes au Cameroun, l’entité des Nations Unies pour l’Egalité des Sexes et l’Autonomisation des Femmes (ONUFEMMES) et le Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population (BUCREP), ONUFEMMES-BUCREP(2020), indique que 61,7% de femmes contre  63,8% d’hommes ont déclaré que leur revenu a subi un effet négatif, soit une diminution pour 41%, une perte pour 14,1% ou une suspension pour 7,8%.  Dans ce lot, près de 42,2% d’individus de sexe masculin contre 39,7% de sexe féminin ont enregistré une baisse de leur revenu.

Cette crise sanitaire qui paralyse le monde, n’a   pas seulement eu des répercussions économiques, elle a également augmenté les tensions au sein des ménages et, par conséquent, les risques de violences domestiques, selon cette étude réalisée du 06 au 20 mai 2020. En effet, 35,8% de personnes interrogées, déclarent avoir observé une augmentation de violences au sein de leurs ménages. Ce regain de tensions, serait la conséquence de la restriction des mobilités, la diminution des ressources financières et l’anxiété des populations.

Les hommes davantage que les femmes, déclarent une augmentation des violences économiques (18% contre 12,2%), c’est-à-dire, refus de donner de l’argent au conjoint, confiscation de l’argent du conjoint, contrôle des dépenses du conjoint, refus de donner de l’argent de ration, etc. Le fait pour les hommes de déclarer davantage de violences économiques traduirait les pressions liées aux rôles socialement attendus d’eux. Chez les hommes qui ont observé une augmentation des violences économiques, 33,3% ont subi une perte, 25,6% une suspension et 19,2% une diminution de leur revenu.

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Sur le plan psychologique, les hommes autant que les femmes déclarent une hausse des violences psychologiques (16,4%). La peur d’attraper la Covid-19 en l’absence d’un traitement homologué, les tensions dues au fait de passer plus de temps ensemble et l’incapacité à subvenir aux besoins supplémentaires pourraient accentuer les violences psychologiques au sein du ménage.

Pour alléger cette pression sociale engendrée par la Covid-19, les Camerounais proposent, relève ce rapport, des mesures supplémentaires pour la gestion de la pandémie de Covid-19 au Cameroun. Notamment, l’approvisionnement des ménages en denrées alimentaires (62,3%) ; la suspension du paiement des factures d’eau et d’électricité (57,6%) ; la distribution gratuite des kits de protection (54,3%) et la suspension ou la réduction des impôts pour les travailleurs du secteur informel (43,5%). Cette dernière proposition pourrait contribuer à soulager les femmes, majoritairement représentées dans ce secteur, qui ont également besoin d’appuis financiers pour relancer leurs activités génératrices de revenus.

Comme recommandation, ONUFEMMES-BUCREP (2020) suggère entre autres, l’amélioration de la sensibilisation et de l’information sur la pandémie, de l’état de santé physique et mental des populations, des conditions économiques des populations et la lutte contre les violences domestiques.

Marie Louise MAMGUE

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