Par rapport au mois de mars 2019, 77% des entreprises camerounaises ont subi une chute de leur chiffre d’affaires hors taxes en mars 2020, avec une forte proportion chez les PME, d’après le GICAM dans son enquête mensuelle sur l’impact du Covid-19.

Les entreprises camerounaises font face à une dégradation inédite de leurs activités, qui va au rythme de la propagation de la pandémie du Covid-19.  Dans son rapport mensuel, qui résulte de l’enquête menée du 13 au 21 avril 2020 auprès des entreprises, la Cellule de veille Covid-19, du Groupement Inter-Patronal du Cameroun (GICAM) met en exergue les répercussions de la crise sur l’activité générale des entreprises, dans le but d’évaluer et suivre son impact.  92%  des entreprises ont déclaré que la pandémie a un impact très négatif (52%) ou négatif (40%) sur leurs activités. D’après cette étude, les Petites et moyennes entreprises (PME) sont les principales victimes de cette crise sanitaire au Cameroun.

En effet, sur les 100 entreprises interrogées, 77% indiquent que leur chiffre d’affaires hors taxes (CAHT) est en baisse en mars 2020 par rapport au même mois de l’année 2019. Les PME et les entreprises de services subissent plus sévèrement l’impact du COVID-19. Avec 83%, cette proportion est plus importante chez les PME que les grandes entreprises (62%), et chez les entreprises de services (81%) que chez les entreprises industrielles (68%). Le rapport souligne que parmi ces firmes touchées, 54% ont enregistré une baisse de 20% de leur CAHT, 27%, une baisse comprise entre 10 et 20 %, 9% une chute comprise entre 5 et 10 % et 13% une baisse de moins de 5%.

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A court terme, relève le GICAM, presque toutes les entreprises, indépendamment de leurs secteurs et de leurs tailles, subissent les tensions de trésoreries du fait de l’impact du COVID-19. Comme conséquence, 87% des entreprises ont procédé à des mises au chômage ou à des réductions des effectifs. La réduction des effectifs est plus prononcée chez les PME que chez les grandes entreprises. Par contre, quelques entreprises, notamment les entreprises industrielles ont procédé à des augmentations de leurs effectifs.

Pour ce qui est de la capacité de résilience des entreprises, l’enquête indique que 53% des répondants ont affirmé que leurs unités de production ne pourront pas tenir au-delà de trois mois. Si la situation est critique chez les PME, les grandes entreprises restent les plus résilientes. Malgré la crise, 50% des grandes entreprises estiment qu’elles peuvent tenir au-delà de 3 mois. En revanche, seulement 15,5% des PME estiment être capables de tenir au-delà de 3 mois.

La pandémie n’affecte pas seulement les activités des entreprises, mais aussi le personnel. Malgré les mesures prises par ces structures pour limiter la propagation du COVID-19, près de 12% ont déjà eu de cas de personnels testés positifs au COVID-19, dont 30,8% dans les Grandes entreprises contre 5,6% dans les PME.

Face à ces indicateurs alarmants, ces firmes sollicitent des pouvoirs publics, entre autres, le report des charges sociales et fiscales ; le financement de trésorerie à taux d’intérêt réduit ; la mise à disposition des masques à des prix abordables ; la mise à disposition des tests à des prix abordables ; la communication permanente sur la crise sanitaire ; la réduction des délais de paiement ; le report du paiement des loyers et factures ; la réduction des délais de paiement des factures. Elles attendent du Gicam, un plaidoyer pour mesures d’accompagnement fiscal et multiforme ; la promotion de l’économie circulaire, la réduction des délais de paiement inter-entreprises, l’organisation d’un système pour faciliter l’accès des patrons aux soins.

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Marie Louise MAMGUE

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