Covid-19 : Après la rupture de février, des réactifs sont disponibles à l’Est
Séance de depistage à l'Est-Cameroun

Cette région dispose désormais d’importants stocks dans les différentes unités de prise en charges après la rupture observée en fin février 2021 en raison des retards de livraison.

Dr Gislain Mbita, coordonateur du centre régional de prévention et de lutte contre les épidémies, et chef section des opérations dans la riposte Covid à l’Est se veut très rassurant. « Je vous invite à visiter nos magasins pour que vous soyez convaincu de ce que je vais vous donner comme chiffres », lance-t-il au reporter de Datacameroon. Une visite guidée d’une dizaine de minutes nous permet effectivement de voir des cartons pleins de réactifs, les uns entreposés sur les autres.

Les réactifs dont il s’agit sont des substances chimiques utilisées pour analyser les prélèvements effectués lors du dépistage. « Depuis le début de la pandémie, la région de l’Est a reçue au total 140225 réactifs pour réaliser les tests TDR et plus de 7000 réactifs pour les tests PCR. Après avoir approvisionné nos différentes unités de prises en charges, nous disposons actuellement un stock de 12900 réactifs pour les tests TDR et 267 réactifs pour les tests PCR », explique notre interlocuteur. Il ajoute que « toutes les mesures ont été prises après la rupture observée au mois de février pour répondre favorablement à la demande ».

Dépistage

Depuis la résurgence de la deuxième vague de la maladie à Coronavirus, plus meurtrière, la demande des tests a pratiquement augmenté dans les différents centres de prise en charge de la région. Le nombre de personnes voulant se faire dépister a doublé par jour et par semaine. Au centre de prélèvement de l’hôpital régional de Bertoua (Hrb) situé en face de la morgue, c’est une file d’attente que l’on observe ce jeudi 15 avril 2021. De nombreuses personnes sont arrivées très tôt cette matinée avec pour objectif : faire chacun le test du Covid et connaître son statut.

Les patients sont accueillis en fonction de leur arrivée et appelés à tour de rôle à l’intérieur. Après identification, Richard Tafili, ingénieur médico-sanitaire effectue immédiatement des prélèvements d’échantillons dans les deux narines à l’aide d’une sorte de coton tige adapté à l’examen. « Il s’agit du test Polymerase chain réaction (PCR) qui est différent du test rapide qu’on appelle TDR dont les résultats sont disponibles dans une durée maximum de 30 minutes. Des prélèvements gratuits sont effectués chaque jour ouvrable, de 09 h 30 min  à 11 h 30 min pour permettre à l’équipe chargée d’effectuer les analyses au niveau du laboratoire de le faire le plus rapidement possible. Par jour nous prélevons en moyenne 35 personnes parmi lesquelles celles qui viennent de l’extérieur et les patients qu’on suspecte au sein de l’hôpital », explique-t-il. Ce qui n’était pas le cas lors de la première vague de la Covid-19. Pour plus d’efficacité, la direction de l’Hrb a renforcé l’effectif dudit centre de prélèvement. « Nous sommes 04 biologistes, 04 hygiénistes et 01 épidémiologiste », renseigne Richard Tafili.

Prise en charge

24 heures, et 48 heures au pire des cas après les prélèvements et analyses, les résultats peuvent être retiré au niveau du laboratoire, explique Bidiero Zoti Elie, Ingénieur biomédical chargé des analyses PCR au laboratoire de l’Hrb. « Depuis le mois passé, le laboratoire de l’Hrb a bénéficié d’un nouveau thermocycleur. Par le passé, nous n’avions qu’un seul appareil avec lequel on faisait à même temps les analyses de Covid, ainsi que celles de la charge virale du Vih. Ce qui rendait le travail intense et pénible pour pouvoir ressortir tous les résultats. Mais avec ce deuxième thermocycleur, le travail est plus rapide parce qu’on utilise un pour le Vih, et l’autre pour les cas covid ».

Dans la région de l’Est, la décentralisation de la prise en charge est vraiment effective. « On peut bénéficier des soins partout dans la région. Le délégué régional de la santé publique de l’Est, Dr Anicet Mintop a initié des postes de dépistages dans tous les 14 districts de santé afin de traquer, tester et de traiter tous les malades. Une fois dépisté positif, le patient est placé sous traitement. Ensuite, le suivi de ses contacts est déclenché pour détecter des éventuels cas positifs », confie un collaborateur du délégué régional de la santé. Les capacités des personnels de santé ont également été renforcées pour une prise en charge de qualité. A l’unité de prise en charge de l’Hrb, on retrouve ce jour, 12 malades de Covid parmi lesquels 10 en cours de guérison qui n’attendent que des tests de confirmation pour sortir et 02 cas sévères.

Décès

De l’avis de Dr Fokouo Valentin, chef de cette unité de prise en charge, « c’est dès le mois de décembre 2020 que nous avons commencé à revoir quelques cas de cette deuxième vague de Covid. Parce qu’on avait passé trois mois sans pratiquement avoir de cas. Pendant cette période on recevait en moyenne un à deux cas par semaine. Et c’est véritablement en janvier 2021 qu’on a connu le boom de propagation de la maladie que nous observons actuellement. Et malheureusement au mois de mars, nous avons enregistré plus de vingt cas de décès dans notre unité de prise en charge. Alors que durant toute la période de la première vague, nous n’avions pas eu autant de décès. Nous avons enregistré environ 15 décès. Ce qui démontre la sévérité de cette deuxième vague de Covid-19 ».

A la date du 13 avril 2021, la région de l’Est avait déjà réalisé un record de 115850 tests pour un cumul de 3895 cas positifs, dont 1155 cas actifs avec 471 personnels de santé touchés, 2675 personnes guéries et 65 décès enregistrés. Ce qui place pour le moment cette région au cinquième rang national derrière les régions du Centre, le Littoral, l’Ouest et le Nord-Ouest qui sont les plus touchées par cette pandémie.

Par Ange-Gabriel OLINGA BENG à Bertoua

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