Paludisme : La Covid-19 fait chuter de 15% les services de traitement en Afrique
Source: EDSC-V/DataViz by ADISI-Cameroun

Un récent rapport du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, révèle que la Covid-19 a perturbé les systèmes de santé et la prestation de services de santé dans le cadre de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme dans près de 24 pays africains, dont le Cameroun.

Depuis plus d’un an, la maladie à coronavirus paralyse le monde dans tous les domaines. En plus d’avoir pris le secteur de la santé en otage, la pandémie affecte considérablement les autres services de santé et fragilise les efforts consentis dans la lutte contre les autres pathologies. Un rapport du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, publié le 13 avril 2021, met en exergue l’impact de la crise sanitaire sur les systèmes de santé et la prestation de services de santé dans le cadre de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme dans les pays à revenu faible et intermédiaire d’Afrique et d’Asie.

Des informations recueillies dans 502 établissements de santé de 32 pays d’Afrique et d’Asie entre avril et septembre 2020, dont 24 pays africains, y compris le Cameroun, montrent que, durant cette période en comparaison avec la même période de six mois en 2019, le dépistage du VIH a chuté de 41 % ; les diagnostics du paludisme de 31 % ; le nombre de consultations prénatales de 43 % ; l’orientation des cas de tuberculose vers les prochaines étapes de traitement de 59%. 

Source: EDSC-V/DataViz by ADISI-Cameroun

Décès 

En plus de la chute des diagnostics, les établissements interrogés en Afrique ont enregistré une baisse des services de traitement du paludisme de 15 %. Les sites communautaires semblent avoir été plus durement touchés que les autres établissements, indique cette étude. En outre, 21 % des établissements africains subissaient une pénurie d’antipaludéens pour les enfants de moins de cinq ans. Ces impacts sur le diagnostic et le traitement sont une préoccupation grave et immédiate pour la santé des enfants, quand on sait que la grande majorité des victimes du paludisme sont des enfants de moins de cinq ans. En revanche, relève ce bailleur de fonds, les orientations vers les services communautaires et la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée (MIILD), essentielles à la prévention du paludisme, ont augmenté. 

Si le paludisme tue plus de 400 000 personnes par an selon le Fonds Mondial, principalement des enfants de moins de 5 ans, près de 94 % de ces décès dans le monde surviennent en Afrique. « Toute interruption ou diminution des services de santé sur le continent risque d’affecter un très grand nombre d’adultes et d’enfants risquant de contracter le paludisme », redoute cette institution. À moins de prendre des mesures décisives, alerte le principal bailleur de fonds international des programmes de lutte contre le paludisme, la pandémie entraînera vraisemblablement, dans les pays les plus pauvres d’Afrique, une hausse des décès liés au paludisme qui dépasse largement l’impact direct du COVID-19.

Marie Louise MAMGUE

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