Alors que certaines mesures barrières de lutte contre la propagation de la pandémie sont encore observées au Cameroun, les opérateurs économiques souhaitent voir murir les projets qui mettent en avant, le développement du made in Cameroon.

Les effets du Covid-19 sont encore perceptibles dans le milieu des affaires au Cameroun. Déjà quatre mois que la pandémie est présente, et la riposte n’aide toujours pas les entrepreneurs. « L’impact est énorme. Ça s’est ressenti dans mon secteur d’activité », souligne Emmanuel Mukam, président de la compagnie africaine de conception et de construction en Bâtiment et travaux publics (Cacoco BTP).

Même si nombre d’entrepreneurs croient que l’économie va bientôt se relever, la réalité est toute autre. Le commerce, l’artisanat, les mines et bien d’autres secteurs d’activités connaissent encore des difficultés. En effet, la phase1 de l’évaluation de l’Institut Nationale de la Statistique (Ins) sur les effets socioéconomiques du Covid-19 version du 20 Mai et revue le 5 juin 2020, révèle que 60,3% des grandes entreprises font face aux difficultés d’approvisionnement de l’extérieur. Tandis que près de la moitié disent rencontrer une baisse de leur demande extérieure. Une baisse de la clientèle qui selon le rapport, a été soulignée par 54,8% de chefs d’entreprises, dont 35,5% ont mis en relief la fermeture des frontières. « Nous allons revoir le gouvernement pour soumettre quelques suggestions, pour que notre économie soit résiliente, mais surtout qu’elle soit solidaire et locale », Notifie Christophe Eken, Président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat (Ccima).

Comme lui, nombre d’entrepreneurs estiment qu’il est temps pour l’Afrique et le Cameroun en particulier, de compter sur lui-même. « Je crois que c’est dans une coopération qu’on pourra trouver une solution. Nous pensons que c’est en se serrant les coudes qu’on pourra faire d’une difficulté, une opportunité », croit savoir Emmanuel Mukam. A en croire l’industriel, il est temps de consommer ce qu’on produit localement. « Si nous pouvons consommer camerounais, si on peut avoir des préférences camerounaises dans tout ce que nous faisons, je pense que cette pandémie nous aura réveillée quelque part », explique-t-il.

Le Cameroun, dit-il, devra éradiquer cette mentalité de demandeur, au bénéfice de celle d’offreur. « Chacun doit sortir d’ici en regardent le monde autrement. Il ne s’agit pas seulement d’aller acheter chez le voisin pour revenir revendre. Il faudrait que nous puissions apprendre à produire ce que nous allons consommer, et aimer ce que nous allons produire nous-même », ajoute notre interlocuteur.

Seulement, le Cameroun connait encore de nombreuses difficultés. « Il faut effectivement migrer pour les secteurs de transformation. C’est de cela que notre pays peut attendre son salut », fulmine Alice Maguedjio, présidente du syndicat des commerçants détaillants du Wouri.  « Les grandes surfaces sont en train de naitre, mais encore une fois, ce n’est pas piloté par des camerounais », a ajouté la candidate de la section commerce aux élections consulaires de la Ccima qui se sont déroulées le mardi juillet 2020 sur tout le territoire national. Les résultats seront connus au bout de 15 jours.

Michèle EBONGUE

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