Covid-19 : La Zone CEMAC exposée à une récession économique
Un espace marchand en zone Cemac

Selon la Banque des Etats de l’Afrique centrale dans son rapport sur la politique monétaire en Zone CEMAC, la   propagation rapide de la crise sanitaire entrainera une baisse du cours moyen du baril de pétrole à 20 USD en 2020 (scénario pessimiste) et pourra conduire la zone CEMAC dans une récession.

Dans son rapport sur la politique monétaire de mars 2020, en zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), publié le 27 avril 2020, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) souligne que pour l’année 2020, les activités économiques devraient reculer du fait des conséquences économiques et financières de la crise du COVID-19. Il envisage à cet effet, plusieurs   scénarii.

Le premier scénario (scénario de base révisé) estime que la crise serait transitoire et rapidement maîtrisée, se traduisant notamment par un cours moyen du baril de pétrole de 39,1 USD, avec pour conséquence une légère dégradation de la situation économique. Cette situation engendra dans le secteur réel, une baisse de la croissance de 3,3% (-0,2 % pour le secteur pétrolier et 4,2 % pour le secteur non pétrolier), dans le scénario de base initial, à 3,0 % (-0,2% pour le secteur pétrolier et 3,7% pour le secteur non pétrolier), dans le scénario de base révisé. La baisse du prix du baril n’affecterait pas significativement la production des hydrocarbures qui devrait rester quasiment identique.

Le secteur non pétrolier serait principalement impacté, selon cette étude, d’une part, par la réorientation attendue des dépenses publiques vers la santé et la lutte contre le COVID-19, qui devraient être satisfaites par les importations des médicaments et des équipements sanitaires, au détriment des dépenses courantes traditionnellement orientées vers le marché local, et d’autre part, par les difficultés que subiraient les secteurs d’activités qui seront le plus affectés par la crise sanitaire (tourisme, hôtels, restaurants, commerce ).

 Scénario pessimiste

Dans une la deuxième hypothèse, c’est-à-dire en cas de propagation rapide et de grande ampleur de la crise du COVID-19, dans le secteur réel, la croissance baisserait de 3,3 % (-0,2 % pour le secteur pétrolier et 4,2 % pour le secteur non pétrolier) à -1,6 % (-15,1 % pour le secteur pétrolier et 1,1% pour le secteur non pétrolier). La baisse du prix du baril se traduirait par un recul de la production de pétrole (-6,9 millions de tonnes) et de gaz (-945,4 millions de tonnes métriques). Le secteur non pétrolier serait davantage touché que dans le cas d’une crise temporaire, avec une perte de 2,4 points de PIB, et l’on enregistrerait un plus grand nombre de faillites d’entreprises et de pertes d’emplois. Les tensions inflationnistes se stabiliseraient, en relation avec la contraction de la demande intérieure et sous l’hypothèse d’une efficacité des mesures d’encadrement des prix par les autorités, en dépit de perturbations probables sur l’offre de biens et services.

Pour conjurer ces effets néfastes potentiels, le rapport propose une série de mesures à prendre par les différents acteurs économiques dont la BEAC qui, pour soutenir l’économie, procéderait in fine par des injections de liquidité via le secteur bancaire. Il est recommandé aux Etats, d’accélérer l’évaluation des effets de la pandémie du COVID-19 sur leurs perspectives économiques afin d’envisager, dans les meilleurs délais possibles, les mesures budgétaires et financières appropriées, de solliciter l’appui financier de la Banque Mondiale et du FMI qui ont mis sur pied des programmes de soutien aux pays en développement exposés à la crise du Covid-19 ; d’approvisionner suffisamment leurs clients en signes monétaires ; de garantir la fourniture de l’ensemble des services et renforcer les opérations des banques à distance ; de revoir à la baisse les conditions des banques.

Marie Louise MAMGUE

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