Covid-19 : Une dizaine d’extracteurs d’oxygène pour 15 UPEC à l’Est
 Source : système de gestion de l’incident Covis-19 à l’Est

Avec une population estimée à près de 1,2 millions habitants, cette région sanitaire ne dispose que d’une dizaine d’extracteurs d’oxygène pour 15 unités de prise en charge, alors que la pandémie continue de sévir avec 2 décès de plus. 

Les dernières statistiques indiquent que la région de l’Est à la date du 08 février 2021 a enregistré 2 nouveaux décès du coronavirus virus respectivement à Batouri, département de la Kadey et à Bertoua dans le Lom-et-Djerem en l’espace d’une semaine. Ce qui porte le nombre de décès depuis le déclanchement de la pandémie à 30 contre 28 il y a quelques mois.

                                           Source : système de gestion de l’incident Covis-19 à l’Est

La situation épidémiologique indique également que 1364 cas positifs cumulés ont été enregistrés pourtant, il y a quelques mois, les cas positifs cumulés étaient 1111. Il y a donc eu 253 nouveaux cas positifs ce dernier mois. Sur ce chiffre, 132 cas sont encore actifs, 08 nouveaux personnels de santé touchés et 1197 guérisons. Ces statistiques obtenues auprès du système de gestion de l’incident Covis-19 à l’Est indiquent clairement que la maladie est en nette progression dans cette région frontalière avec la République Centrafricaine (RCA) et le Congo-Brazzaville. Les équipes de surveillance, révèle une source médicale, ont dépisté une cinquantaine d’élèves positifs dans un établissement scolaire de la place, qui ont été mis sous surveillance.

Défaillance                                                                                           

On le constate pour le déplorer, cette maladie est entrain de progresser dans la région de l’Est alors que les plateaux techniques des formations sanitaires demeurent insuffisants et inadéquats. En effet, dans la riposte contre la pandémie du coronavirus, le ministère de la Santé publique (Minsanté) et ses partenaires ont doté la région de l’Est d’un certain nombre du matériel pour renforcer les plateaux techniques pour mieux répondre à la lutte. « Nous avons reçu une dizaine d’extracteurs d’oxygène qui sont utilisés aujourd’hui dans les hôpitaux de district et dans les centres médicaux d’arrondissement (CMA). Nous avons également reçu les respirateurs de réanimation et le matériel de laboratoire à l’hôpital régional de Bertoua, ce qui n’existait pas avant la pandémie », affirme Dr Mbita Gislain Lionnel, chef section des opérations au système de gestion de l’incident Covi-19.

Selon le Dr Anicet Désiré Mintop, délégué régional de la santé publique pour l’Est « les membres du SGI (système de gestion d’incidence) et les points focaux communication des districts de santé ont bénéficié du renforcement des capacités, la formation de 70 hygiénistes communautaires, la formation des équipes cadres des districts sur les activités WASH et la contractualisation des radios communautaires en vue de la sensibilisation des communautés sur les moyens de prévention ».

 Mais ces initiatives du Minsanté et ses partenaires n’ont pas résolu le déficit des plateaux techniques des hôpitaux de l’Est. Sur le plan quantitatif, la région selon le système d’information sanitaire est estimée à 1.146.981 habitants. A cette population s’ajoute plus de 300.000 réfugiés centrafricains dont plus de 5000 viennent d’arriver dans la ville frontalière de Garoua-Boulaï suite aux violences postélectorales.

L’Est a également une superficie de 109 002 km2 pour seulement 14 Districts de santé transformés en unité de prise en charge (UPEC) et l’hôpital régional de Bertoua qui dispose 40 lits dans son Centre régional d’isolement et de prise en charge des malades Covid-19 et d’autres pathologies nécessitant l’isolement. C’est cet unique Centre qui est capable de prendre en charge les cas des malades sévères. Par ailleurs, parmi les districts de santé transformés en UPEC, seuls, Batouri, Abong-Mbang, Yokadouma, Garoua-Boulaï et Nguélemendouka ont des concentrateurs d’oxygène capables de prendre en charge des cas modérés du Covid-19. Cependant, aucune des UPEC ne dispose d’un moyen de locomotion dédié à la lutte contre la Covid-19.

Consultation

La pandémie du coronavirus a eu un impact négatif sur les consultations dans les formations sanitaires. « De manière générale, il y a eu baisse de taux de fréquentation dans les hôpitaux hébergeant les malades de Covid-19 », reconnait Dr Mbita.

Abdouraman Liman, Chef de Centre de santé intégré de Mokolo 1 à Bertoua, l’un des plus anciens Centre de santé de la ville affirme que, « la Covid-19 a impacté de manière négative notre aire de santé avec une population estimée à 26 000 âmes. Au début, c’était vraiment difficile à cause de la panique. Le gens avaient peur au point où on enregistrait environ 300 consultations par mois contre 600 qui était déjà bas car si les malades venaient normalement à l’hôpital, on devrait avoir au moins 2000 consultations chaque mois ». Mais avec l’évolution de la maladie, les attitudes ont changé car dans cette formation sanitaire, « 122% des enfants ont été vaccinés et 130% des consultations prénatales effectuées ces derniers mois ».

A l’hôpital régional de Bertoua, « les recettes et fréquentations ont connu une baisse d’environ 40% du fait de la pandémie en dépit des efforts consentis par la direction et le personnel de cette formation, » a déclaré Dr Huguette Nguélé Méké, directrice de cette formation hospitalière lors d’une mission parlementaire en fin du mois de janvier 2021. Dans les zones reculées, les vielles habitudes ont la peau dure car la plupart des populations préfèrent se rendre chez les marabouts à cause de la pauvreté et de l’ignorance, attitude issue bien avant la pandémie du coronavirus.

Sébastian Chi Elvido à Bertoua

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