Crise anglophone : 458 000 élevés privés d’accès aux établissements scolaires en 2020

La situation des Droits humains s’est dégradée au quotidien dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest, par rapport à 2019, où près 121 673 élèves et 9801 enseignants ont été directement affectés par la crise anglophone selon la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun.

Dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest du Cameroun, la crise sécuritaire dite anglophone, dégrade au quotidien la situation des Droits humains. Entre 2019 et 2021 tout particulièrement, rapporte la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC), ces régions ont continué à être affectées par l’insécurité, avec son lot de violations et d’entraves aux Droits civils et politiques, ainsi qu’aux Droits économiques, sociaux et culturels.

En 2019, l’institution camerounaise des Droits de l’homme a enregistré 852 atteintes au droit à la vie dans ces deux régions. Il s’agit notamment de l’assassinat de 360 civils, 394 combattants séparatistes et 98 éléments des forces de sécurité. En baisse, 293 atteintes au droit à la vie ont été recensées en 2020. Soit 184 civils dont 24 enfants, 23 agents des Forces de défense et de sécurité, 72 séparatistes, 8 chefs traditionnels et 6 agents de l’Administration.

L’Education est l’un des secteurs qui paie le lourd tribut de ce conflit. Entre 2019 et 2020, plus de 500 mille enfants ont été privés d’accès aux établissements scolaires. C’est au total 4482 écoles fermées, indique la CDHC, donc 121 673 élèves et 9801 enseignants directement affectés, 27 attaques contre les établissements scolaires et universitaires en 2019 et 458 000 élèves et 19 503 enseignants privés d’accès aux établissements scolaires en 2020.

Au premier trimestre de 2021, la région du Nord-Ouest a enregistré 14 attaques terroristes et 3 opérations militaires ayant causé des victimes civiles, 33 morts, parmi lesquels deux femmes et une personne âgée, 26 personnes blessées et 9 autres enlevées parmi lesquelles 3 femmes. Sur la même période, la région du Sud-Ouest a subi 8 attaques terroristes et une opération militaire au cours desquelles des victimes ont été dénombrées parmi les civils. Donc, 25 civils tués, parmi lesquels un enfant, une femme et 5 agents de l’État, 4 personnes blessées (un enfant et une femme), 9 personnes enlevées parmi lesquelles 6 agents de l’État.

Ces données mettent en exergue la situation préoccupante des Droits humains dans ces localités en proie depuis 2016 à une crise sécuritaire. Une crise qui a des répercussions sur les autres régions du pays, principalement dans les grandes villes comme Douala, Yaoundé et Bafoussam où des civils ont été tués par des explosions de bombes artisanales ou des engins explosifs. Des villes qui accueillent également de fortes communautés de personnes déplacées internes près de 705 800 en 2020, selon la CDHC.

Ces statistiques ont été présentées lors de l’atelier pour la mise en place  d’une plateforme nationale des acteurs de la lutte contre la violence basée sur le genre (VBG) et les violations des Droits de l’Homme dans le cadre du processus de consolidation de la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun, tenu du 23 au 26 août 2021 à Douala. Une initiative du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en collaboration avec la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) et le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille. L’un des objectifs de la plateforme, est de renforcer l’action des acteurs communautaires pour une meilleure prise en charge des victimes de la crise anglophone.

Marie Louise MAMGUE

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