Crise Anglophone : L’armée accusée de l’assassinat de 9 civils dans le Sud-Ouest
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L’Ong Human Rights Watch révèle dans un rapport que l’armée camerounaise a tué au moins neuf civils à Mautu dans le Sud-Ouest le 10 janvier 2021, pillé des dizaines de foyers et menacé les habitants.

9 civils tués, dont une femme de 50 ans et une fillette de 6 ans. Ces meurtres de villageois à Mautu, dans la région du Sud-Ouest, le 10 janvier 2021, sont attribués à l’Armée camerounaise, selon   l’Ong Human Rights Watch (HRW), qui revendique une enquête indépendante.  Parmi les victimes figuraient une femme de 50 ans et une fillette de 6 ans, et quatre autres personnes blessées.

D’après ce rapport publié le 4 février 2021, ces soldats ont non seulement assassiné, mais, ont également pillé des dizaines de foyers et menacé les habitants. « Tuer des civils et piller leurs maisons au nom de la sécurité sont de graves violations des droits humains qui alimentent les cycles croissants de violence et d’abus dans les régions anglophones du Cameroun. Les autorités camerounaises devraient contrôler les unités responsables d’abus et, avec l’aide de l’Union africaine et de l’ONU, ouvrir une enquête crédible et impartiale sur les meurtres commis à Mautu et poursuivre en justice ses auteurs », a déclaré Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique chez Human Rights Watch.

Le porte-parole de l’armée camerounaise, Capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo a admis, précise cette enquête, que des soldats du 21e   Bataillon d’infanterie motorisée (BIM) avaient conduit une opération dans le village, tout en niant que les troupes aient tué et blessé des civils. Cependant, à l’issue de son enquête, HRW a transmis ses conclusions au porte-parole de l’armée camerounaise, dans un courriel daté du 22 janvier et dans lequel des questions spécifiques lui ont été posées. « Atonfack Guemo a répondu le 26 janvier, mais sans aborder directement les questions posées par Human Rights Watch. Il a rejeté les preuves d’homicides illégaux en alléguant qu’elles étaient fabriquées, sans toutefois corroborer cette affirmation », relaie cette ONG.

Ce rapport est le résultat entre autres, des entretiens menés au téléphone auprès de 17 témoins, dont cinq proches des victimes, au sujet de l’attaque, souligne HRW. « Médecins sans frontières (MSF) a soigné quatre personnes blessées par balle, dont un enfant. Human Rights Watch a obtenu les listes des neuf personnes tuées auprès de quatre sources distinctes, et s’est entretenu avec des proches et des résidents qui ont assisté aux enterrements ou transporté les corps des victimes à la morgue de l’hôpital de Muyuka. Les détails fournis par ces individus correspondent aux informations que Human Rights Watch a obtenues indépendamment d’autres témoins », réitère cette organisation.

La crise anglophone sévit dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest depuis 2016.  Ces régions du Cameroun, relève HRW ont sombré dans un cycle meurtrier de violences qui a fait plus de 3 500 victimes et provoqué le déplacement de leurs foyers de plus de 700 mille personnes.

Marie Louise MAMGUE

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