Crise anglophone : Le secteur privé penche également pour une solution « économique »
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Malgré la crainte sur le manque de transparence des appels de fonds et la mauvaise gestion du financement liés au projet de reconstruction des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, ces entreprises ont accepté tendre la main au gouvernement afin que règne la paix dans ces régions.

Restaurer la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso) Cameroun en proie aux exactions des séparatistes depuis octobre 2016, est le rêve du gouvernement camerounais. Dans le but de mettre fin à cette guerre, le Premier ministre Joseph Dion Ngute, a rencontré les acteurs du secteur privé le mardi 18 mai 2021 au siège du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) à Douala. Il était question pour lui d’échanger avec ces opérateurs économiques sur leur soutien aux initiatives gouvernementales, précisément celui sur la reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

D’après Célestin Tawamba, Président du Gicam, cette demande de soutien doit, contrairement à ce qui est fait, être adressée au gouvernement. « Les chefs d’entreprises ne cachent pas leur perplexité et leur scepticisme, parce qu’ailleurs dans le monde, dans le contexte de la pandémie de la Covid-19, ce n’est pas l’Etat qui a besoin d’un soutien du secteur privé. Au contraire, c’est le gouvernement qui apporte des aides en soutien aux entreprises », a-t-il indiqué.

Pour lui, les entreprises ont un grand intérêt à voir la paix revenir dans ces régions qui en 2017, ont représenté 20% de la production agricole du pays ; 45% de la production cacaoyère nationale (pour le Sud-Ouest) ; 70% de la production Café Arabica (pour le Nord-Ouest) ; et plus de la moitié de la production d’huile de palme, etc.

Au regard de ces performances et des initiatives politiques et militaires qui ont montré leurs limites, le Gicam estime qu’il est désormais temps de penser à une 3e composante. « Il s’agit de placer résolument l’économie au cœur des efforts nationaux visant le retour de la paix dans ces 2 régions. Il y a la nécessité absolue de faire en sorte qu’enfin, dans notre quotidien du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les statistiques du nombre des victimes soient remplacés par des statistiques du nombre d’emplois crées. Il est question de tronquer l’arme par un emploi », explique Célestin Tawamba. Qui souligne que plusieurs entreprises ont déjà manifesté leur intérêt de prendre leur part de responsabilité dans cet élan dit citoyen, malgré les craintes sur le manque de transparence des appels de fonds et de leur gestion.

A l’instar de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam) qui a promis de donner 100 milliards F Cfa dans le cadre de cette initiative sur le projet de reconstruction des deux régions en crise.  Le Groupe de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc) a lui également annoncé sa contribution à hauteur d’un milliard de F Cfa, et 200 millions F Cfa pour le Groupement des meuniers du Cameroun.  Tandis que l’entreprise pétrolière et gazière française Total a promis de recruter des jeunes, et offrir des emplois dans ces régions sinistrées.

Ces initiatives ont été prises après les assurances du Premier ministre sur la gestion des financements. « C’est le lieu pour moi de rappeler que le gouvernement n’entend pas s’immiscer d’une manière ou d’une autre dans la gestion des appuis financiers qui pourraient être mobilisé par les partenaires privés… Pour ceux des partenaires privés qui souhaitent contribuer dans la mise en œuvre du plan présidentiel de reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, je tiens à leur dire que la gestion des financements y relatif est assuré par le Programme des Nations Unis pour le développement (Pnud) », a garanti Joseph Dion Ngute.

Michèle EBONGUE

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