Education : Près de 600 000 enfants privés des classes dans les régions anglophones
le Lycée bilingue de Kosala, village du département de la Meme, région du Sud-Ouest, incendié en 2017

Human Rights Watch rapporte que seulement 19 % des établissements primaires et secondaires sont ouverts dans les Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, à cause des groupes armés séparatistes qui imposent le boycott de l’enseignement dans le but de faire pression sur le gouvernement.

Aller à l’école dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest Cameroun, qui subissent depuis 2016 une crise sécuritaire, est un parcours de combattant pour les jeunes apprenants. Ceci, à cause des multiples attaques des groupes Séparatistes qui sèment la terreur dans ces deux régions, déplore l’ONG l’Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié le jeudi 12 mars 2020. Cette organisation internationale souligne que depuis 2017, ces séparatistes imposent un boycott de l’enseignement dans ces deux régions anglophones, dans leur tentative obstinée de faire pression sur le gouvernement pour obtenir une meilleure reconnaissance politique.

Ces attaques sont dirigées autant contre les établissements scolaires, que contre les élèves et les enseignants. Des actes graves, qui affectent considérablement l’éducation dans ces zones. D’après les Nations Unies, rapporte HRW, près de 600 000 enfants ne peuvent plus se rendre en classe depuis 2016. Pire encore, seulement 19 % des établissements primaires et secondaires sont ouverts au Nord-Ouest et Sud-Ouest. Par ailleurs, les forces gouvernementales ont été impliquées dans une attaque incendiaire contre un établissement scolaire, selon des enquêteurs indépendants.

« Ils m’ont punie parce qu’ils avaient trouvé des manuels scolaires dans mon sac. Ils voulaient me couper un doigt de la main droite, pour que je ne puisse plus écrire. Mais je les ai suppliés de ne pas le faire, alors ils m’ont sectionné l’index de la main gauche. », témoigne une victime rencontrée par cette organisation, enlevée le 30 janvier 2020 dans le Sud-Ouest et libérée après le paiement d’une rançon, le 3 février avec un autre élève de 19 ans, également mutilé. En effet, ces groupes armés, baptisés les « Ambazoniens », ont établi leur quartier général dans des établissements scolaires, dans lesquels, ou près desquels, ils torturent des gens et les retiennent en otages. Des actions qui privent toute une génération d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation.

Par conséquent, cette organisation demande aux leaders du mouvement séparatiste d’ordonner immédiatement à leurs combattants et partisans de cesser d’interférer avec la scolarité des enfants. Pour HRW, le Cameroun qui a annoncé en septembre 2018 qu’il soutenait la déclaration sur la sécurité dans les écoles, doit fournir davantage des efforts, afin de veiller à ce que les enfants puissent retourner en classe en sécurité et promouvoir des formes d’enseignement alternatives, notamment via la radio, l’Internet ou la télévision, pour les élèves qui ne peuvent pas encore y retourner.

Marie Louise MAMGUE

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