Elections 2020 : Plus d’une centaine de personnes enlevées dans les régions anglophones

Dans son rapport, l’ONG Human Rights Watch indique qu’en plus des élèvements, les Séparatistes armés ont incendié des biens et menacé des électeurs dans la période précédant les élections Municipales et Législatives du 9 février 2020.

Il ressort grâces aux témoignages de 55 victimes et témoins, ainsi que des images satellites et des séquences vidéo, que les Séparatistes armés anglophones ont commis plusieurs exactions avant le jour des élections Municipales et Législatives, dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest Cameroun, en proie à la Crise sociopolitique dite « anglophone » depuis 2016. A relevé ce mercredi 12 février 2020, l’organisation internationale, Human Rights Watch (HRW), dans un rapport publié sur son site.

Selon cette ONG internationale, des séparatistes armés dans les régions anglophones ont enlevé plus d’une centaine de personnes, incendié des biens et menacé des électeurs dans la période précédant les élections du 9 février 2020. « Les forces de sécurité de l’État n’ont pas suffisamment protégé les civils des menaces posées par les séparatistes, mais ont plutôt commis de nouveaux abus à leur encontre au cours de la même période », déplore Human Rights Watch.

Elle souligne également que les séparatistes armés s’en sont pris avant et pendant les élections, aux personnes souhaitant participer à ce double scrutin, que ce soit en tant que candidats, fonctionnaires électoraux, activistes ou citoyens. Parmi les personnes ciblées, ont figuré des membres et des partisans du Social Democratic Front (SDF), accusés de ne pas être solidaires de leur cause. Ces milices sécessionnistes ont incendié au moins trois bureaux d’Elections Cameroon (ELECAM),l’organe en charge des élections, à Misaje, dans la région du Nord-Ouest, le 7 janvier 2020 ; à Babessi, région du Nord-Ouest, le 16 janvier ; et à Tombel, région du Sud-Ouest, le 2 février. Ils ont aussi brulé un bureau de poste où était entreposé du matériel électoral à Bafut, dans la région du Nord-Ouest, à la veille des élections, ainsi qu’au moins sept maisons appartenant à des représentants du gouvernement et à des candidats dans diverses localités de la région du Nord-Ouest, depuis novembre 2019.

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La maison du Député SDf Wilfred Fusi Naamukong engloutie par le feu, le 5 janvier 2020.

Ce rapport révèle que de nombreux civils sont morts lors des affrontements entre séparatistes armés et forces gouvernementales. Cependant, il est difficile d’affirmer avec exactitude, le nombre de mort, en l’absence de mécanisme officiel de surveillance du nombre de civils tués au cours de la crise, des circonstances entourant leur mort et des auteurs présumés. Toutefois, plutôt que de protéger les civils contre ces attaques, regrette cette organisation, les forces gouvernementales, dont sept cents supplémentaires ont été déployées avant et pendant les élections dans les régions anglophones, ont commis elles-mêmes des violations à leur encontre.

Entre le 17 et le 20 janvier 2020, les forces de sécurité ont mené une opération militaire à Bali, dans la région du Nord-Ouest, détruisant plus de 50 maisons et tuant plusieurs civils, dont deux hommes présentant une incapacité intellectuelle. Au cours des trois dernières années, les régions anglophones ont été impliquées dans un cycle de violence qui a fait plus de 3 000 morts, contraint plus de 679 000 personnes à fuir leurs maisons, et privé 600 000 enfants d’accès à l’éducation.

Marie Louise MAMGUE

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