Elévage: 410 animaux morts au premier trimestre 2026 au Cameroun

Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire et le Cadre harmonisé, la recrudescence des maladies animales, les difficultés d’accès aux intrants d’élevage, les perturbations des marchés et les aléas climatiques fragilisent les systèmes agro-pastoraux, entraînant une dégradation progressive de la sécurité alimentaire.

Entre janvier à mars 2026, le Cameroun a enregistré 410 animaux morts sur un total de 646 cas recensés dans le cadre du suivi clinique du cheptel. Cette situation s’explique par une combinaison de facteurs qui fragilisent les systèmes agro-pastoraux du pays. Parmi eux figurent la recrudescence des maladies animales, les difficultés d’accès aux intrants d’élevage, les perturbations des marchés, ainsi que les aléas climatiques, notamment la sécheresse et la raréfaction des pâturages. 

 L’ensemble de ces informations issues du rapport conjoint trimestriel sur les risques de crise de sécurité alimentaire et nutritionnelle au Cameroun, rendu public le 7 août 2026 par l’Institut national de la statistique (Ins), indique que ces facteurs « affectent directement les systèmes d’élevage familiaux, l’une des sources importantes de revenus des ménages vulnérables. Les pertes de cheptel, la baisse de production et la décapitalisation entraînent une réduction de l’offre en protéines animales et une hausse des prix (jusqu’à +25 % pour les petits ruminants). » 

Face à cette situation dite préoccupante, l’économiste Aïcha Bouba exprime sa vive inquiétude. « La recrudescence des morts d’animaux témoigne de la vulnérabilité profonde de nos systèmes d’élevage face aux maladies et aux aléas climatiques », explique Aïcha Bouba.  Selon le rapport de situation du service d’épidémiosurveillance, huit foyers confirmés ont été recensés dans plusieurs régions du pays : le Nord-Ouest (Boyo), l’Extrême-Nord (Mayo-Danay), l’Ouest (Koung-Khi), le Sud-Ouest (Manyu, Fako), le Nord (Bénoué), le Centre (Mefou et Afamba, Mfoundi) et l’Est ( Bouba-et-Ngoko). Cette répartition témoigne d’une diffusion multi-régionale du phénomène. Cependant, les disparités entre les régions révèlent également des dynamiques contrastées. À lui seul, le département de la Boumba-et-Ngoko, dans l’Est, concentre le bilan le plus lourd, avec 210 cas et 210 décès, bien que ces chiffres n’avaient pas encore fait l’objet d’une analyse approfondie. En comparaison, le Nord-Ouest enregistre 256 cas et 91 morts et les 100 autres cas de décès sont départagés entre les 5 régions restantes.  

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Selon la Dr Alice Tchokonté, médecin vétérinaire, rapportés aux quelque 7 millions de petits ruminants que compte le Cameroun, les 410 animaux morts représentent environ 0,0059% du cheptel concerné. Toutefois, cette lecture à l’échelle nationale peut être trompeuse, avertit-elle. « En élevage, l’enjeu ne réside pas seulement dans le nombre total d’animaux perdus. Il faut aussi examiner les zones affectées, les éleveurs touchés, les espèces concernées, l’âge des animaux et leurs fonctions productives », souligne la vétérinaire.

Bien que 410 morts d’animaux ont été enregistrés dans huit foyers au Cameroun, la situation épidémiologique de ces foyers demeure classée comme « stable et résolue », conformément aux standards de l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa), le Cadre Intégré de Classification de la Sécurité Alimentaire et le Cadre Harmonisé, indique que cette situation correspond à une phase de transition entre Stress et Crise, avec un risque d’aggravation rapide sans intervention renforcée. Pour le Dr Alice Tchokonté, médecin vétérinaire, cette situation doit être perçue comme une urgence. « L’Etat doit investir dans la résilience de nos systèmes d’élevage, à travers la mise en place de programmes de vaccination, la diversification des sources d’alimentation animale, et le soutien aux élévations pour qu’ils puissent faire face aux crises futures », insiste Alice Tchokonté.

L’importance de ces enjeux se mesure également à la place qu’occupe la viande dans la consommation nationale. Selon le dernier rapport de l’Institut National de la Statistique (Ins) sur la situation de la production et des importations du sous-secteur élevage, pêches et industries animales, publié en juin 2025, indique que,  la production de viande bovine au Cameroun est estimée à 125 mille tonnes en 2021. Ce qui en fait la principale source de viande, avec 46% de la production totale. Elle est suivie par les viandes de volaille (19%), puis les viandes porcine, ovine et caprine, dont les volumes de production représentent  8%. 

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Hyacinthe TEINTANGUE

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